DEUX GRANDS SEIGNEURS ARABES A PARIS.
Deux grands seigneurs arabes, l'un fils, l'autre petit-fils de l'émir Abd el Kader, étaient, ces jours derniers, de passage à Paris où ils ont visité le président du Conseil des ministres, M. Aristide Briand, et diverses notabilités politiques.
Un fils et un petit-fils d'Abd el Kader à
Paris: l'émir Ali pacha et son neveu l'émir
Khaled, capitaine de spahis.--Phot.
Gerschel.
L'émir Ali pacha--le septième des huit fils d'Abd el Kader--qui réside habituellement à Damas, et dont l'influence est considérable en Turquie, est revenu de Libye où, pendant plusieurs mois, il encouragea à la résistance les chefs arabes auxquels il était venu prêter l'appui de son courage et de son nom. Notre correspondant Georges Rémond fut témoin (voir L'Illustration du 18 mai 1912) de l'enthousiasme qui accueillit le fils d'Abd el Kader à son arrivée à Syrte, le 18 mars 1912, lorsque, venant de Benghazi, Ali pacha se rendait en Tripolitaine en compagnie de ses fils. Brave, éloquent, très soucieux de la gloire de son nom, l'émir Ali est peut-être le plus énergique des fils d'Abd el Kader. Ses sentiments francophiles sont connus. Et nous ne saurions oublier que c'est grâce à son intervention et à celle de son plus jeune frère, Omar, que le consul de France à Damas, M. Piat, parvint, en décembre 1910, à arrêter un massacre de chrétiens à Karak, près de Jérusalem, Ali et Omar reçurent, l'un et l'autre, à cette occasion, la croix de la Légion d'honneur.
L'émir Khaled est le fils de l'émir Abd el Maleck, qui vit actuellement au Maroc et qui est le sixième fils d'Abd el Kader. L'émir Khaled, lui, est officier français. C'est un magnifique capitaine indigène de spahis, qui met au service de nos armes et de notre drapeau toute la fougue traditionnelle de sa race. Il est à peine remis de la blessure qu'il a reçue en pleine poitrine en combattant au Maroc en héros.