UN BEAU RAID: BISKRA-GABÈS-TUNIS EN AÉROPLANE

L'itinéraire suivi, de Biskra à Tunis, par l'escadrille aérienne.

L'escadrille militaire de Biskra vient d'accomplir, dans des conditions de régularité remarquables, un raid aérien qui, en prouvant une fois de plus l'audace et l'habileté de nos officiers aviateurs, montre les services qu'ils peuvent rendre à nos corps de troupe africains.

Quatre biplans, montés par les lieutenants Reimbert, Cheutin, Jolain, et par le maréchal des logis Hurard, s'envolaient de Biskra le 26 février et se dirigeaient vers le Sud-Est passant au-dessus de la région des Chotts. Arrêtés par le mauvais temps à Zeribet el Oued, ils arrivaient cependant le même jour à Tozeur. Le lendemain, ils atterrissaient à Gabès, devant le général Pistor, commandant la division d'occupation et ministre de la Guerre du gouvernement tunisien, et le général Fournier, en tournée d'inspection; après quelques heures de repos, ils repartaient dans la direction de Tunis et couchaient à Sfax.

A Gabès: les quatre aviateurs, leurs mécaniciens et
quelques officiers de la garnison devant les avions
disposés pour le départ.

Le temps, assez beau jusque-là, devint subitement très mauvais, et le troisième jour l'escadrille se trouva vite dispersée: le lieutenant Jolain était en panne à Enfidaville; le maréchal des logis Hurard s'arrêtait à Bou Picha; le lieutenant Cheutin endommageait son appareil en atterrissant à Sousse; le lieutenant Reimbert ne pouvait dépasser Grombalia, à 30 kilomètres de Tunis.

Le lendemain, la tempête continuait, un peu moins violente, il est vrai, et les quatre aviateurs arrivaient l'un après l'autre à Tunis, Hurard ayant pris comme passager le lieutenant Cheutin, dont l'appareil n'avait pu être réparé.

Le lieutenant Reimbert, chef de l'escadrille, compte se reposer quelques jours à Tunis, d'où il regagnera Constantine et Biskra, par la voie des airs, avec ses camarades, si le temps n'est pas trop défavorable.

L'AVIATION EN AFRIQUE DU NORD.--En vol vers Sfax et Tunis:
le départ de Gabès du lieutenant Reimbert.
--Phot. Genet, Gabès.

LA FOULE PARISIENNE UN JOUR DE FÊTE
Photographie L. Gimpel.

C'est la foule parisienne, la foule sage et calme des «dimanches et fêtes», prise sur le vif, le jour de la Mi-Carême, à un moment psychologique, si l'on peut dire... Le traditionnel cortège de la reine des reines, qui s'est formé boulevard Voltaire, a gagné, par la place de la République et le boulevard Beaumarchais, la place de la Bastille, et a contourné la colonne de Juillet, sur laquelle veille, tout près du Génie, un photographe avisé. Les chars carnavalesques, aux figurations coutumières, ne donnent, du haut de son observatoire, que des images un peu décevantes. Mais voici que les derniers d'entre eux se sont engagés dans la rue Saint-Antoine, et le service d'ordre, qui barrait les voies tout autour de la vaste place, vient d'être levé: seul un cordon d'agents protège encore la fin du cortège. Tandis qu'une file de voitures, où se remarquent les longs toits plats des autobus, débouche lentement, au fond du boulevard Beaumarchais et à droite du boulevard Richard-Lenoir la foule reprend sa liberté et, de nouveau, circule à l'aise, ici pressée encore en groupes compacts, là moins dense. D'en bas, vue en perspective fuyante, elle offrirait l'aspect d'une multitude; du poste élevé ou le cliché a été pris, elle semble, grâce au raccourci des personnages, étrangement diminuée, mais, dans le détail, quelle variété de mouvements et d'attitudes y découvre l'oeil amusé!

A l'établissement des Pupilles de la Marine: l'apprentissage de la menuiserie.