DE SALONIQUE AU PIRÉE.

A Salonique, le transfert, sur son yacht, l'Amphitrite, du roi assassiné, fut, le 25 mars dernier, une cérémonie très impressionnante. Parti de la résidence royale, le matin à 9 heures, le cortège funèbre, encadré de ces traditionnels evzones qui formaient la garde particulière du souverain défunt, s'achemina vers le port au milieu d'un immense concours de population recueillie. Toute la garnison avait pris les armes. Les drapeaux étaient surmontés de croix voilées de crêpe. Le cercueil, qui reposait sur un affût de canon, était enveloppé du drapeau national, sur lequel, à l'endroit de la tête, on avait placé la couronne, était suivi par la famille royale, et ce furent les princes et le nouveau roi lui-même qui, au port, transportèrent le corps à bord de l'Amphitrite. Il y eut, sur l'Amphitrite, un discours du métropolite parlant du roi «tombé au champ d'honneur». Et le bâtiment funèbre où s'était embarquée la reine Olga, soutenue par le roi Constantin, leva l'ancre et prit la direction du Pirée, où, retardé par le brouillard, il n'arriva que le 27 mars un peu avant midi. Il était attendu, sur le débarcadère, par tous les hauts dignitaires de la Cour et du royaume qui, dès que le bâtiment eut jeté l'ancre, montèrent à bord pour s'incliner, les premiers, devant la dépouille de leur souverain.

LES FUNÉRAILLES DU ROI GEORGES A SALONIQUE.
Au débarcadère: les princes hellènes, fils et petits-fils du roi, enlèvent le cercueil royal de l'affût de canon pour le transporter sur l'Amphitrite. A gauche de notre photographie et à droite du cercueil, les princes Christophore, Nicolas, le nouveau diadoque Georges et le roi Constantin; à gauche du cercueil, les princes André, Alexandre et Georges.

Arrivée au Pirée de l'Amphitrite portant le corps du
roi Georges.
--Phot. A. Gaziadès.

Pendant le débarquement du cercueil du roi Georges que continuaient de porter les princes de la famille royale, les batteries tirèrent des salves. Le corps fut, comme à Salonique, placé sur un affût de canon. Les deux reines et les princesses montèrent dans les voitures. Le roi suivit le cercueil que précédait le saint-synode et que traînaient sur son affût les marins hellènes. Derrière le nouveau souverain venaient les princes, le ministre luthérien, les ministres, les consuls étrangers, toutes les autorités civiles et militaires.

Au débarcadère et sur tout le trajet, on avait arboré les couleurs funèbres, blanc et mauve. Des oriflammes flottaient au vent, portant le monogramme du roi en or, surmonté de la couronne.

A la gare, un wagon mortuaire peint en blanc avec des bandes mauves latérales reçut le corps du souverain et, lorsque le train spécial s'ébranla pour se diriger sur la capitale, les canons des navires étrangers ancrés au Pirée tirèrent, en même temps que les batteries grecques, les salves de salut.

A Athènes, le cortège se rendit, au milieu d'une affluence énorme, à la cathédrale tapissée de couronnes, où, après une cérémonie religieuse, le cercueil a été déposé dans une chapelle, en attendant le jour des funérailles solennelles.

Le cercueil traîné sur un affût par les marins hellènes. --Phot. Rhomaïdès-Zeitz.

LE RETOUR A ATHÈNES DE LA DÉPOUILLE MORTELLE DU ROI ASSASSINÉ.
--Le cortège funèbre quittant le débarcadère du Pirée.
--Phot. A. Gaziadès.

SOFIA FÊTE LA PRISE D'ANDRINOPLE.--Manifestation devant
la statue du tsar libérateur Alexandre II.
--Phot. Karastoïanof.]