DEUX NOUVEAUX THÉÂTRES DANS UN MÊME MONUMENT, AUX CHAMPS-ELYSÉES

Devant les tribunes: le général Lyautey s'entretient avec
le consul d'Allemagne.
--Phot. Nadelar.

L'automobile des ministres chérifiens qui arrivent de
Rabat pour assister au concours hippique.

Le général Lyautey félicitant un des vainqueurs du
concours, M. de Vaugelas, dont le cheval a franchi 1 m. 70 de hauteur.
LA PREMIÈRE RÉUNION SPORTIVE ET MONDAINE AU MAROC: LE CONCOURS HIPPIQUE DE CASABLANCA.
--Photographies de Mareschal.

Casablanca est en voie de devenir--en attendant le port bien outillé et les chemins de fer qui assureront sa prospérité--une des villes les mieux policées et les plus élégantes de l'Afrique du Nord. A y vivre, on ne se douterait point qu'il faut, presque chaque jour, continuer de se battre un peu plus loin en terre marocaine, pour conserver aux régions soumises et déjà organisées toute la sécurité qu'on leur a promise.

Donc, tandis que les combats se succèdent au seuil des régions encore impénétrées, des réunions sportives et mondaines s'organisent à Casablanca en pleine prospérité économique. Un officier de chasseurs d'Afrique soutenu par le club élégant de la ville «l'Ampha Club», qui réunit les personnalités les plus distinguées des colonies française et anglaise, a pris l'initiative de ces réunions. Et voici comment fut organisé le premier concours hippique du Maroc, qui eut lieu le 23, le 24 et le 25 mars, et dont le succès ne saurait étonner en ce pays où tout le monde monte à cheval et où une belle monture est le premier luxe des indigènes. Le résident général, qui fut un très brillant officier de cavalerie, et Mme Lyautey assistaient à cette réunion où toutes les notabilités étrangères étaient présentes ainsi que le pacha de Casablanca, Sr Guebbas, et les ministres chérifiens venus exprès, en automobile, de Rabat, pour suivre les épreuves que clôturèrent de splendides fantasias.

UN JOUR DE TEMPÊTE A CASABLANCA.--La jetée assaillie par un raz de marée.
--Phot. A. Fouet.

La mauvaise saison s'est fait rudement sentir, cette année, sur les côtes du Maroc, si peu propices aux navigateurs. Il ne s'est presque point passé de semaine où l'on n'ait eu à signaler quelque accident maritime, dû à la tempête, si souvent déchaînée en ces parages, et à l'insuffisance des abris. Les ports mêmes n'y offrent point aux bateaux de sûrs asiles: celui de Casablanca, que sa «barre» rend impraticable par les gros temps, ne leur a donné, tout cet hiver, qu'une hospitalité précaire. Tout récemment encore, le 23 mars, un raz de marée d'une extrême violence s'est abattu sur ses quais, les envahissant de ses eaux furieuses; mal contenues par les jetées trop basses, elles vinrent inonder les bâtiments de la douane, non sans grand dommage pour les marchandises qui y étaient déposées. Le même jour, deux voiliers étrangers se perdaient corps et biens dans 'la rade de Rabat, tandis qu'un troisième, la Marguerite, battant pavillon français, allait s'échouer, près de la ville, devant la caserne du tabor de police.

Quelle fut l'impétuosité du raz de marée, à Casablanca, notre photographie le montre de saisissante manière: le petit port assailli par les vagues, sur lequel se dressent, abandonnées, les grues inactives, la barre qui roule, toute proche, ses flots menaçants, les navires mouillés au large, composent une sinistre image... Mieux que tout commentaire, elle fait comprendre l'urgente nécessité des travaux d'aménagement reconnus indispensables, et dont l'adjudication, conclue la semaine passée, permet d'espérer la réalisation prochaine.

DES AILES!--Une colonie d'hirondelles de mer dans un îlot
de l'archipel des Philippines.
Phot. Chartes Martin.

Cette gravure qui semble un fragment de «poncif» pour frise décorative est la reproduction sans retouche d'un instantané pris par un voyageur, M. Charles Martin, dans un îlot de l'archipel des Philippines. Elle représente une envolée de sternes, les unes tachetées de gris, les autres recouvertes d'une livrée noire, toutes également blanches sous les ailes et sous le ventre.

La forme élancée de la sterne lui a valu le nom populaire d'hirondelle de mer. Pourtant ce gracieux palmipède a des moeurs bien différentes de celles du passereau qui vient nous annoncer chaque année le retour du printemps.

La sterne est essentiellement un oiseau de mer. Elle vit par bandes qui creusent leurs nids sur quelque plage déserte, en plein Océan, ou aussi loin que possible d'une région habitée. Dès que les petits sont en âge de voler, elles émigrent en masse vers quelque terre lointaine, et, intrépides voyageuses, parcourent ainsi des distances inimaginables. Nous citerons le cas d'une des trente-huit espèces du genre: la sterne arctique. Cet oiseau pond ses oeufs et élève sa petite famille dans les parages du Pôle Nord, et s'en retourne hiverner sur les rivages du continent antarctique! Sauf le temps de la nidaison, sa vie se passe à faire la navette entre les deux extrémités de l'axe de la terre.

M. Maurice Bertrand. M. Edwards. M. A. Hébrard. Dr. A. de Rothschild. M. H. Bernstein.

Cte Hallez Claparède. Cte Boni de Castellane. M.Messager. M. Astruc. M. Sem dessinant M. Paul Robert.

UNE FANTAISIE DÉCORATIVE AU THÉÂTRE DES CHAMPS-ELYSÉES.
--Des croquis grandeur nature crayonnés par Sem sur les murs du bar.

Tandis que, dans ce théâtre des Champs-Elysées dont l'inauguration a été l'événement parisien de la semaine, la façade s'orne d'une noble frise due au statuaire Bourdelle, qui a également composé. pour l'atrium d'entrée et les couloirs des loges, une suite de bas-reliefs mythologiques, d'autres parties de ce palais où tout concourt au plaisir des yeux ont reçu une décoration moins sévère. Un élégant bar-fumoir y accueille, pendant l'entr'acte, les spectateurs désireux d'échanger quelques propos parmi les nuées légères des cigarettes: pour égayer ce lieu aimable, où, les soirs de «générale» passeront tant de contemporains notoires, quel artiste était plus désigné que Sem, leur dessinateur attitré? Il a croqué, avec sa verve coutumière, sur deux panneaux appliqués aux murs, et qui ne paraissent point s'en distinguer, quelques-unes des silhouettes sans lesquelles on n'imagine pas le Tout-Paris de 1913. Exécutées à la grandeur naturelle, elles donnent l'impression d'avoir été jetées, d'un crayon preste, sur la pierre même. Ainsi vivantes et toutes proches, elles serviront de fond, si l'on peut dire, aux causeries qui s'échangeront là, entre deux actes...

L'Institut et le Collège français de Madrid.