LA NOUVELLE GUERRE DE MACÉDOINE

Phot Wagner.
A L'ASSAUT DE KSIBA.--Un passage difficile de l'artillerie de 75:
pièce tirée à bras par des tirailleurs algériens.

L'un des officiers qui, les 8 et 10 juin derniers, dans l'Atlas marocain, dirigeaient les fougueux assauts par lesquels la colonne Mangin emporta la kasba Ksiba, repaire de Moha ou Saïd, décrivant ce nid d'aigles qui nous coûta si cher, en dit simplement: «Ksiba est située à 1.000 mètres d'attitude, dans un pays difficile.» On ne saurait pousser plus loin la concision, qualité primordiale du style militaire, non plus que la modestie. Le fait est que les chemins que nos soldats durent emprunter pour atteindre leur but défiaient en âpreté toute description, et que seule la photographie peut donner une idée exacte des difficultés qu'il fallut vaincre. Cest ainsi que les tirailleurs durent tirer à bras jusqu'aux crêtes les pièces d'artillerie, par des sentiers abrupts, rocailleux, zigzaguant entre des buissons épais. Dans le même temps, les goumiers marocains du lieutenant Delhomme, descendus de leurs chevaux, lancés en avant de la colonne, se défilaient un à un le long de chemins couverts, bordés de végétations denses, éminemment propices aux embuscades, pour gagner le pied d'un piton qui dominait le village et qu'ils étaient chargés d'emporter d'assaut. Et l'on s'explique, à la vue de ce terrain chaotique et broussailleux, comment la vaillante colonne fut si cruellement décimée.