l'écroulement du pont maudit a nantes

Un pont s'écroule a Nantes.

Un accident d'une nature assez rare vient de se produire, la semaine dernière, à Nantes: un des vieux ponts de la ville, appelé le pont Maudit, s'est écroulé mercredi, dans la Loire. Comme depuis la veille il menaçait ruine, qu'une des pierres de sa voûte déjà s'était détachée, la circulation y avait été interdite. Mais il est heureux que l'accident ne se soit pas produit le 14 juillet, où, le soir, une foule énorme était massée sur le pont pour contempler le feu d'artifice: c'eût été une catastrophe effroyable.

Il va toutefois résulter de cet accident une gêne considérable pour le grand port. Le pont Maudit faisait partie, on effet, d'une ligne de ponts qui réunit le centre de la ville, établi sur la rive droite de la Loire, au quartier commerçant et industriel de la Prairie aux Ducs, où sont installés nombre d'usines, d'entrepôts, de grandes maisons de négoce.

Le nom, assez étrange, de l'ouvrage détruit avait une amusante origine. Son établissement avait été réclamé, en 1779, par les habitants de l'île Feydeau, située au milieu de la Loire, tous gens opulents, grands armateurs, et plus ou moins marchands de «bois d'ébène», bâtisseurs des magnifiques hôtels qu'on admire encore aujourd'hui sur ce point de la vieille cité, qui se plaignaient d'être isolés, demandaient l'établissement d'une passerelle en charpente entre leur rive et celle de l'île Gloriette, leur voisine, elle-même réunie à la rive du fleuve; ils offraient de payer une, partie des frais de la construction. L'administration municipale ne put s'entendre avec eux. Le pont cependant fut construit, aux seuls frais des intéressés qui se vengèrent de leur déconvenue en l'appelant le Maudit Pont.

L'ouvrage qui vient de disparaître, pont de pierre d'une seule arche qui avait remplacé l'ancienne passerelle et dont les débris encombrent maintenant le lit de la Loire, ne remontait pas si haut. Il avait été reconstruit, en dernier lieu, en 1841,--mais, chose curieuse, toujours aux frais des habitants, en grande partie du moins.

Un médicament nouveau: la S. T. C.

Un médecin allemand, le docteur Hammer, de Stuttgart, assure qu'il obtient couramment les meilleurs résultats curatifs en pansant les plaies suppurantes et les lésions ulcérées avec une poudre de son invention, à laquelle il a donné le nom de S. T. C. Ces trois lettres dont l'assemblage a quelque chose de mystérieux sont les initiales de trois mots latins, scobis tosta cribrata qui signifient «sciure de bois grillée passée au crible». Il s'agit, en effet, tout simplement de sciure de bois dur, asséchée au four, puis finement tamisée et qui possède, paraît-il, des propriétés absorbantes tout à fait remarquables. Après avoir employé systématiquement ce produit pendant plusieurs années, M. Hammer publie à son sujet des observations de malades tout à fait concluantes et des statistiques de guérisons devant lesquelles on ne peut moins faire que s'incliner. La S. T. C. détrônera-t-elle la poudre de charbon de bois et la cendre de paille de riz dont les médecins japonais ont fait usage pendant la guerre contre les Russes? Fera-t-elle une concurrence heureuse au sucre en poudre que préconisent certains chirurgiens d'Amérique? Arrivera-t-elle à supplanter le pansement à la tourbe séchée qui eut naguère des défenseurs enthousiastes? On ne saurait se prononcer sur ce point, mais la S. T. C. de Hammer a pour elle l'originalité de son nom de baptême: il n'en faut pas davantage pour l'imposer à l'attention.

Emploi du sel marin comme engrais.

Les agronomes s'accordent généralement à admettre que le sel marin joue, vis-à-vis des plantes, le rôle d'un véritable poison. Cependant, il semble bien que cette opinion doive être tenue pour excessive, ou tout au moins trop absolue: on effet, malgré la salure qui les caractérise, les terrains bas avoisinant la mer ne sont pas nécessairement stériles, puisque certaines plantes peuvent y vivre et s'y développer, probablement en vertu d'une sorte d'accoutumance, grâce à laquelle elles finissent par s'adapter à leur milieu. Il est, du reste, très vraisemblable a priori qu'il en doit être du sel comme de la plupart des substances médicamenteuses; néfastes quand on les absorbe à doses massives, elles sont au contraire bienfaisantes quand elles sont données on quantité convenable à l'organisme.

C'est ce que paraissent démontrer des recherches poursuivies depuis quatre ans en Hongrie, à la station agronomique royale de Magyarovar et dont M. Janesco Bêla vient de publier le compte rendu. Sans vouloir entrer dans le détail des expériences instituées à ce sujet, il convient de noter qu'en terre meuble, complantée de betteraves à sucre, l'épandage en ligne de 175 kilos de sel brut par hectare a fait accroître de 14.000 kilos le rendement en poids des tubercules récoltés: si l'avenir confirme les espérances des observateurs hongrois en démontrant que le rondement en sucre est augmenté, lui aussi, ou tout au moins qu'il n'est pas diminué, nul doute que l'emploi du sel comme engrais ne se généralise très vite. Pour le moment, tout ce qu'il est permis d'en dire, c'est qu'un important problème agricole se trouve désormais posé et qu'il faut souhaiter pour lui une solution aussi prochaine que possible.

La durée des rails en acier.

On tend de plus en plus à substituer l'acier au fer dans toutes les branches d'industrie, et le P.-L.-M. vient d'annoncer qu'après 1913 il n'existera plus de voies principales en fer sur son réseau.

Les rails en acier résistent au moins deux ou trois fois plus longtemps que les rails en fer. On a calculé, en effet, que, sur les sections en palier ou en pente légère, ils s'usent d'environ 1 millimètre de hauteur par 110.000 trains. Le rail pouvant rester en service jusqu'à ce qu'il ait perdu 15 millimètres d'épaisseur, cette durée correspond au passage de 1.500.000 trains.

Lampe pour percer le brouillard.

On expérimente en ce moment un dispositif de lampe qui permettrait aux rayons lumineux de traverser le brouillard beaucoup plus facilement que le fait la lumière des lampes proposées jusqu'ici. Le résultat est obtenu simplement en plaçant devant une lampe à incandescence un verre d'une teinte vert jaune spéciale.

D'autre part, un réflecteur parabolique on verre argenté projette, en même temps que la lumière, une chaleur suffisante pour éviter la formation du givre sur le verre qui sépare la lampe de l'atmosphère. Un joint hermétique en tresse de chanvre empêche en outre la pénétration de l'humidité.

A propos de la légion étrangère.

Nous avons, dans l'article de notre dernier numéro sur la légion étrangère, cité les belles paroles prononcées au cours d'un des derniers banquets de l'Alliance coloniale française par le président des Anciens de la légion étrangère, M. Maurer,--et non point M. Candau-Maurer, comme il avait été inexactement écrit.