La «Broussette».

Il y a quelques mois, notre confrère le Matin entretenait ses lecteurs d'un nouveau système de portage aux colonies. Il s'agissait de pousse-pousse monoroue conduits par deux hommes qui en maintenaient en même temps l'équilibre. Et il était question également d'un truc indéversable à une seule roue, à traction humaine, pouvant porter les bagages des coloniaux en tournée.

Mais voici que, dans le même ordre d'idées, un nouvel appareil réalise un progrès encore sur les systèmes précédents. La photographie que nous reproduisons représente un véhicule à une seule roue et son mode d'attelage, avec un harnais spécial, qui peut servir à tous les animaux tracteurs, cheval, mulet, bouf porteur ou âne. La «broussette» ou voiture de brousse--imaginée par M. G. Brousseau, administrateur de lre classe à Madagascar--peut porter jusqu'à 1.000 kilos. Elle se compose, comme on peut le voir, de caissons en tôle situés au-dessous de l'axe de la roue et de brancards plats et rigides, d'une forme spéciale, s'appuyant sur un bât de 0 m. 90 de largeur. Ce dispositif permet d'équilibrer la charge comme dans un bateau.

Pour les transports aux colonies: la broussette,
voiture de brousse, à une roue, imaginée par M. Brousseau.

Conduit par deux hommes et un boeuf, ce nouvel appareil de portage peut faire le travail de 40 porteurs. Les caissons en tôle étant étanches, il peut traverser les rivières par ses propres moyens, avec une certaine charge. On voit les avantages, et surtout l'économie énorme qu'est susceptible de réaliser son emploi dans les régions de nos colonies où n'existent encore que des sentiers muletiers. Ajoutons que l'inventeur n'entend tirer aucun profit personnel des garanties que lui assurent ses brevets et qu'il est surtout soucieux de mettre à la disposition de l'administration coloniale, des colons et des indigènes, un appareil de transport appelé à rendre les plus appréciables services.