La levure alimentaire.
Il y a quelques années, l'industrie allemande imagina d'utiliser la levure pour la nourriture des chevaux, des vaches, des porcs et de la volaille. Mais ce débouché n'a point paru suffisamment rémunérateur, et l'on cherche à introduire dans l'alimentation humaine de la levure convenablement purifiée. La chose a une grande importance pour les brasseurs allemands. Ces industriels, en effet, emploient une partie minime de la levure qu'ils produisent; ils disposent annuellement d'un excédent de 70.000 tonnes.
La boulangerie n'utilisant plus qu'une levure spéciale, on a d'abord préparé avec les levures de brasserie des extraits destinés à remplacer les extraits de viande. Ce nouvel aliment ayant eu peu de succès auprès des estomacs teutons, on s'est borné à faire sécher la levure et à obtenir ainsi une nourriture pour le bétail aisément transportable. Cette nouvelle industrie est déjà prospère: on compte 26 usines de séchage de levure, et le prix de la levure sèche a passé de 22 francs à 29 francs le quintal.
Les chimistes veulent faire encore mieux. En débarrassant la levure sèche des principes amers de la bière, ils obtiennent un aliment facile à assimiler, représentant, disent-ils, la valeur de plus de trois fois son poids de viande de boeuf, et dont le prix atteint 6 fr. 20 le kilo.