LE MATCH CARPENTIER-WELLS
Si le match sensationnel qui, cette semaine, a mis aux prises, à Londres, Georges Carpentier et Bombardier Wells, a suscité en France l'intérêt toujours accordé aux rencontres de cet ordre, il n'est pas exagéré de dire qu'il a eu, pour nos voisins, l'importance d'un événement national, où la réputation britannique, en matière de boxe, était engagée. Il offrait au champion anglais, battu à Gand, en juin dernier, par Carpentier, qui, précédemment, avait triomphé tour à tour de Young Josephs, de Jim Sullivan et de Bandsmann Rice, l'occasion d'une revanche solennelle; et il a, au rebours des espérances ardemment manifestées de l'autre côté du détroit, consacré la science pugilistique, le sang-froid, l'audace du Français.
Le combat a eu lieu, lundi dernier, sur le ring du National Sporting Club, devant une assistance fort élégante et choisie; il suffit d'indiquer que le prix des places allait de 75 à 250 francs. Nos photographies évoquent les péripéties de la lutte, qui fut singulièrement rapide. Carpentier, plus brillant que jamais, impatient de vaincre, la conduisit avec prestesse, prenant immédiatement l'offensive, harcelant son adversaire dans un incessant corps à corps. Un «doublé» à l'estomac ébranlait bientôt Bombardier Wells, qui, durement atteint, se repliait sur lui-même; Carpentier, après s'être un peu reculé, le frappait au menton, et l'abattait d'un dernier coup à l'estomac. En 73 secondes, le champion d'Angleterre, plus âgé de cinq ans que le nôtre, et plus lourd de 10 kilos, avait été mis knock out.
Après un moment d'étonnement, de consternation légitime, les spectateurs, sportsmen avant tout, acclamèrent le vainqueur, qui dut apparaître au balcon du club, salué par une foule enthousiaste.
| A Ada-Bazar: la foule autour de l'appareil. | A Konia: Daucourt s'entretenant avec le grand chef des derviches tourneurs. |
A Konia: les élèves des écoles françaises, avec leur
drapeau et leur fanfare; près de l'aéroplane, le père Gaudens. Photographies H. Roux.