L'ÂGE DE LA TERRE
M. Rudki expose dans Scientia les résultats fournis par les différentes méthodes employées pour évaluer l'âge de la terre. En comparant l'épaisseur des couches anciennes à l'épaisseur de la couche annuelle qui se forme aujourd'hui dans les vallées d'alluvions, on trouve un minimum de cent millions d'années. Cette méthode est un peu incertaine, car on ignore si la vitesse de dénudation du sol et d'accumulation dans les bas fonds est la même aujourd'hui qu'autrefois.
Le professeur Joly base ses calculs sur la salure de la mer. Il suppose que tout le sel des océans a été amené de la terre ferme par les pluies. Or, on croit connaître la quantité de sel contenu dans la mer et celle que les rivières y ajoutent chaque année. En supposant que l'eau des océans était douce à l'origine, on peut donc évaluer la date approximative où commencèrent les apports de sel. M. Joly trouve ainsi, pour l'âge de notre planète, 95 millions d'années; Romer, avec le même procédé, arrive à 160 millions.
Par une méthode très compliquée, basée sur la désintégration des matières radioactives, on atteint les chiffres de 710 millions et 1.025 millions d'années.
L'écart formidable que présentent ces divers chiffres montre la difficulté d'un problème dont il semble un peu téméraire de chercher une solution même approximative.