LES THÉÂTRES

Trois jours avant la représentation de la Belle Aventure, dont nous parlons plus haut, M. Georges Berr faisait représenter au théâtre Femina une comédie-vaudeville en quatre actes, Un jeune homme qui se tue, dont le point de départ est assez analogue, puisque le premier acte de l'une et l'autre pièce s'achève sur l'enlèvement d'une mariée, en robe blanche et fleurs d'oranger, le matin de ses noces. Mais les deux ouvrages n'ont pas d'autre point de ressemblance. Un jeune homme qui se tue n'a d'ailleurs rien de funèbre, ainsi que le titre l'aurait pu faire craindre; c'est une pièce ingénieuse, aimable, honnête, traitée avec beaucoup de grâce et d'esprit et jouée avec une fantaisie de bon aloi par Mmes Bertiny et Jane Danjou, et par MM. Polin, Claudius, Alerme.

Deux manifestations théâtrales qui ont eu lieu cette semaine méritent d'être signalées: ce fut d'abord le premier spectacle de «la Société idéaliste» à la salle Villiers, présidé par M. Camille Flammarion; il était composé de la Mort de Tintagiles, de M. Maurice Maeterlinck, du sixième acte de la Furie de M. Jules Bois, et de Philista, un acte en vers de M. Georges Battanchon; les promoteurs de la Société idéaliste ont obtenu là le plus complet succès.

Sur la scène du théâtre Léon-Poirier, Mme Valentine de Saint-Point, dans un enveloppement de musiques, de lumières et de parfums, a donné une séance de sa métachorie ou «danses idéistes» procédant de ses poèmes; sans en comprendre absolument la théorie on en a goûté le charme bizarre.