MEUSE ET WOEVRE

La bataille n’a presque pas fait trêve sur les bords du fleuve, sur les Côtes de Meuse et dans la plaine de Woëvre, mais il n’en est venu que des échos affaiblis; il est même difficile de comprendre ce qui se passe là-bas. Une force allemande considérable semble à demi investie entre le fleuve et la plaine, dans la région de grands bois creusée de vallons qui entourent Saint-Mihiel. L’ennemi fait effort pour en déboucher par la route de Metz qui descend au flanc des Côtes sur Apremont. Toutes les tentatives pour s’emparer de ce village ont été infructueuses; le 15 et le 17, on annonçait, au contraire, que nous avancions dans la région de Saint-Mihiel. Le 20, une dépêche un peu plus précise faisait connaître que nous avions pénétré dans la grande boucle de la Meuse qui précède la ville de Saint-Mihiel et que ferme le cône tronqué du camp des Romains. Les Allemands tentèrent en vain de nous chasser de la presqu’île, ils durent se replier; nous serions donc à faible distance de Saint-Mihiel, 3 kilomètres au plus.

Dans la Woëvre, les indications ne sont pas moins imprécises; le 13, nous avions atteint le Sud de la route de Verdun à Metz, mais rien n’indiquait le point de départ de nos colonnes; le 15, nouveaux progrès dans les mêmes parages. Ensuite on nous disait que nous étions à hauteur de Marchéville-en-Woëvre. Le 20, c’était la nouvelle d’une attaque ennemie contre Champlon, village situé à l’Ouest de Marchéville, au pied des Côtes. De nouveau l’ennemi fut repoussé.