MADAME ALOISE.
Enfants! pas de querelle; aujourd'hui tout est joie.
Viens, ma fille, il faut qu'on nous voie.
Voici qu'on va venir. Chaque chose a son tour.
[Aux valets.]
Allumez les flambeaux, et que le bal s'apprête.
Je veux que tout soit beau, qu'on s'y croie en plein jour
PHOEBUS.
Puisqu'on a Fleur-de-Lys, rien ne manque à la fête.
FLEUR-DE-LYS.
Phoebus, il y manque l'amour!
[Elles sortent.]
PHOEBUS, [regardant sortir Fleur-de-Lys.]
Elle dit vrai; près d'elle encore
Mon coeur est rempli de souci.
Celle que j'aime, à qui je pense dès l'aurore,
Hélas! elle n'est pas ici!
Fille ravissante,
A toi mes amours!
Belle ombre dansante,
Qui remplis mes jours,
Et, toujours absente,
M'apparais toujours!
Elle est rayonnante et douce
Comme un nid dans les rameaux,
Comme une fleur dans la mousse,
Comme un bien parmi des maux!
Humble fille et vierge fière,
Ame chaste en liberté,
La pudeur sous sa paupière
Émousse la volupté!
C'est, dans la nuit sombre,
Un ange des cieux,
Au front voilé d'ombre,
A l'oeil plein de feux!
Toujours je vois son image,
Brillante ou sombre parfois;
Mais toujours, astre ou nuage,
C'est au ciel que je la vois!
Fille ravissante,
A toi mes amours!
Belle ombre dansante
Qui remplis mes jours,
Et, toujours absente,
M'apparais toujours!
[Entrent plusieurs seigneurs et dames en habits de fête.]