AUX JEUNES GENS
SONNET
Jeunesse, ne suis point ton caprice volage:
Au plus beau de tes jours souviens-toi de ta fin.
Peut-être verras-tu ton soir dans ton matin;
Et l'hiver de ta vie au printemps de ton âge.
La plus verte saison est sujette à l'orage:
De la certaine mort le temps est incertain;
Et de la fleur des champs le fragile destin
Exprime de ton sort la véritable image.
Mais veux-tu dans le ciel refleurir pour toujours?
Ne garde point à Dieu l'hiver qui des vieux jours
Tient, sous ses dures lois, la faiblesse asservie;
Consacre-lui les fleurs de ton jeune printemps,
L'élite de tes jours, la force de ta vie,
Puisqu'il est et l'arbitre et l'auteur de tes ans.
DRELINCOURT.