LE BONHEUR DU CHRÉTIEN
Que ne puis-je, ô mon Dieu, Dieu de ma délivrance,
Remplir de ta louange et la terre et les cieux,
Les prendre pour témoins de ma reconnaissance,
Et dire au monde entier combien je suis heureux!
Heureux quand je t'écoute et que cette parole
Qui dit: «Lumière sois!» et la lumière fut,
S'abaisse jusqu'à moi, m'instruit et me console,
Et me dit: «C'est ici le chemin du salut!»
Heureux quand je te parle, et que de ma poussière,
Je fais monter vers toi mon hommage et mon vœu,
Avec la liberté d'un fils devant son père,
Et le saint tremblement d'un pécheur devant Dieu.
Heureux lorsque ton jour, ce jour qui vit éclore
Ton œuvre du néant et ton fils du tombeau,
Vient m'ouvrir les parvis où ton peuple t'adore,
Et de mon zèle éteint rallumer le flambeau.
Heureux quand sous les coups de ta verge fidèle,
Avec amour battu, je souffre avec amour:
Pleurant, mais sans douter de ta main paternelle,
Pleurant, mais sous la croix, pleurant, mais pour un jour.
Heureux, toujours heureux! J'ai le Dieu fort pour père,
Pour frère Jésus-Christ, pour guide l'Esprit-Saint!
Que peut ôter l'enfer, que peut donner la terre
A qui jouit du ciel et du Dieu trois fois saint?
A. MONOD.