LE CÈDRE DU LIBAN
Le cèdre du Liban s'était dit en lui-même:
«Je règne sur les monts; ma tête est dans les cieux,
«J'étends sur les forêts mon vaste diadème;
«Je prête un noble asile à l'aigle audacieux.
«A mes pieds l'homme rampe...» Et l'homme qu'il outrage
Rit, se lève, et d'un bras trop longtemps dédaigné
Fait tomber sous la hache et la tête et l'ombrage
De ce roi des forêts, de sa chute indigné...
Vainement il s'exhale en des plaintes amères;
Les arbres d'alentour sont joyeux de son deuil:
Affranchis de son ombre, ils s'élèvent en frères,
Et du géant superbe un ver punit l'orgueil.
LE BRUN.