QUATRAINS MORAUX

1.
Tout annonce d'un Dieu l'éternelle existence;
On ne peut le comprendre, on ne peut l'ignorer:
La voix de l'univers annonce sa puissance,
Et la voix de nos cœurs dit qu'il faut l'adorer.

2.
Contre la conscience il n'est point de refuge:
Elle parle en nos cœurs; rien n'étouffe sa voix,
Et de nos actions elle est tout à la fois
La loi, l'accusateur, le témoin et le juge.

"3.
Enfants, quelque irrité que vous paraisse un père,
Croyez qu'il est toujours votre ami le plus doux,
Son cœur en vous montrant un courroux nécessaire,
Le fait pour votre bien, et souffre plus que vous.

4.
Que vous devez aimer cette maman si chère,
Qui souffrit tant pour vous, qui vous rend tant de soins,
Et qui prévoit si bien vos peines, vos besoins!
Est-il assez d'amour pour payer une mère?

5
Soyez doux, complaisants, d'un caractère affable:
On est toujours aimé quand on est sans humeur;
L'esprit ne suffit pas, enfants, pour être aimable;
Il faut y joindre encor l'indulgente douceur.

6
Offensez-vous quelqu'un, votre orgueil vous refuse
A demander pardon de votre emportement.
Eh! pourquoi donc rougir de ce beau mouvement?
La honte est dans l'offense, et non pas dans l'excuse.

7.
Notre vie est si courte! Il la faut employer;
Instruisez-vous, enfants, dès l'âge le plus tendre.
Vous serez malheureux si vous cessez d'apprendre
Et c'est un jour perdu qu'un jour sans travailler.