VICTOR TISSOT

LA
POLICE SECRÈTE
PRUSSIENNE

« Soubise a cent cuisiniers et un espion ; moi, j’ai un cuisinier et cent espions. »

Frédéric II.

QUATORZIÈME ÉDITION

PARIS
E. DENTU, ÉDITEUR
LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DES GENS DE LETTRE
PALAIS-ROYAL, 15-17-19, GALERIE D’ORLÉANS.

1885
Droits de traduction et de reproduction réservés.

LIBRAIRIE DE E. DENTU, ÉDITEUR

OUVRAGES DE VICTOR TISSOT
Format grand in-18 jésus

L’ALLEMAGNE AMOUREUSE
20e édition. Un volume de 400 pages. — Prix : 3 fr. 50 c.

VOYAGE AU PAYS DES MILLIARDS
50e édition. Un volume d’environ 400 pages. — Prix : 3 fr. 50.

LES PRUSSIENS EN ALLEMAGNE
34e édition. Un volume de 460 pages. — Prix : 3 fr. 50.

VOYAGE AUX PAYS ANNEXÉS
26e édition. Un volume de 483 pages. — Prix : 3 fr. 50.

VIENNE ET LA VIE VIENNOISE
22e édition. Un volume de 480 pages. — Prix : 3 fr. 50.

LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
Traduit de l’allemand du docteur Johannes Scherr, 13e édition.
Un beau volume de 472 pages. — Prix : 3 fr. 50.

VOYAGE AU PAYS DES TZIGANES
15e édition. Un fort volume de 540 pages. — Prix : 3 fr. 50.

RUSSES ET ALLEMANDS
6e édition. Un fort volume grand in-18. — Prix : 3 fr. 50.

LA RUSSIE ET LES RUSSES
15e édition. Un fort volume grand in-18. — Prix : 3 fr. 50.

EN PRÉPARATION :

LA SUISSE INCONNUE

ROMANS EN COLLABORATION AVEC M. AMÉRO

LA COMTESSE DE MONTRETOUT
Un vol. gr. in-18 jésus de 462 pages. — Prix : 3 fr. 50.

AVENTURES DE TROIS FUGITIFS EN SIBÉRIE
Un vol. gr. in-18. — Prix : 3 fr. 50.

Paris. — Soc. d’imp. Paul Dupont, 41, rue J.-J.-Rousseau. (Cl.)

Ce livre a pour but de montrer dans son fonctionnement caché un des principaux instruments de la puissance prussienne : la police secrète.

Si le lecteur, obéissant aux sentiments de son honnête nature, est tenté de mettre en doute la vérité et l’authenticité des révélations que nous avons pu faire, grâce à des documents mis à notre disposition, qu’il veuille bien se reporter à ce passage du discours prononcé le 9 mai 1884, c’est-à-dire il y a quelques jours seulement, au Reichstag allemand, par M. de Puttkammer, ministre de l’intérieur, chef hiérarchique et responsable de la police prussienne :

« L’État, — a dit M. de Puttkammer, après s’être moqué de la naïveté des libéraux qui avaient attaqué certains procédés de la police[1], — l’État a le droit et le devoir d’user de moyens extraordinaires et à part (aussergewöhnliche), quand il ne lui est pas possible de découvrir ou de réprimer autrement les délits… Les faits cités par M. Richter (chef de l’opposition libérale) ne lui donnent pas le droit de blâmer la manière d’agir du gouvernement.

[1] M. Richter avait démontré qu’à Francfort la police avait employé des gens tarés comme agents provocateurs.

« Que ressort-il de ces faits ? Que la police se sert d’individus d’une moralité équivoque. C’est son devoir ; et si le conseiller de police Rumpf[2], cet honnête et estimable fonctionnaire, à usé de tels moyens, je lui exprime ici publiquement ma satisfaction et mes remerciements. »

[2] Chef de la police secrète à Francfort.

La théorie ouvertement professée en plein Reichstag par Son Excellence le Ministre de l’intérieur de Sa Majesté prussienne nous dispense d’en dire davantage.

Nous n’ajouterons qu’un mot :

Notre livre est une œuvre d’histoire contemporaine et non un roman inventé à plaisir. De tous les faits que nous citons, il n’en est pas un seul qui n’ait ses pièces à l’appui.

V. T.

LA
POLICE SECRÈTE
PRUSSIENNE