SCÈNE III
Alexandrie.—Devant le palais.
Entrent deux soldats qui vont monter la garde.
PREMIER SOLDAT.—Bonsoir, camarade; c'est demain, le grand jour.
SECOND SOLDAT.—Il décidera tout. Bonsoir. N'as-tu rien entendu d'étrange dans les rues?
PREMIER SOLDAT.—Rien. Quelles nouvelles?
SECOND SOLDAT.—Il y a apparence que ce n'est qu'un bruit; bonne nuit.
PREMIER SOLDAT.—Camarade, bonne nuit.
(Entrent deux autres soldats.)
SECOND SOLDAT.—Soldats, faites bonne garde.
TROISIÈME SOLDAT.—Et vous aussi; bonsoir, bonsoir.
(Les deux premiers soldats se placent à leur poste.)
QUATRIÈME SOLDAT.—Nous, ici. (Ils prennent leur poste.) Et si demain notre flotte à l'avantage, je suis bien certain que nos troupes de terre ne lâcheront pas pied.
TROISIÈME SOLDAT.—C'est une brave armée et pleine de résolution.
(On entend une musique de hautbois sous le théâtre.)
QUATRIÈME SOLDAT.—Silence! Quel est ce bruit?
PREMIER SOLDAT.—Chut, Chut!
SECOND SOLDAT.—Écoutez.
PREMIER SOLDAT.—Une musique aérienne.
TROISIÈME SOLDAT.—Souterraine.
QUATRIÈME SOLDAT.—C'est bon signe, n'est-ce pas?
TROISIÈME SOLDAT.—Non.
PREMIER SOLDAT—Paix, vous dis-je. Que signifie ceci?
SECOND SOLDAT.—C'est le dieu Hercule, qu'Antoine aimait, et qui l'abandonne aujourd'hui.
PREMIER SOLDAT.—Avançons, voyons si les autres sentinelles entendent la même chose que nous.
(Ils s'avancent à l'autre poste.)
SECOND SOLDAT.—Eh bien! camarades!
PLUSIEURS, parlant à la fois.—Eh bien! eh bien! entendez-vous?
PREMIER SOLDAT.—Oui. N'est-ce pas étrange?
TROISIÈME SOLDAT.—Entendez-vous, camarades, entendez-vous?
PREMIER SOLDAT.—Suivons ce bruit jusqu'aux limites de notre poste. Voyons ce que cela donnera.
PLUSIEURS à la fois.—Volontiers. C'est une chose étrange.