SCÈNE VII
Champ de bataille entre les deux camps.
(On sonne la marche. Bruits de tambours et de trompettes.)
Entrent AGRIPPA et antres.
AGRIPPA.—Battons en retraite: nous nous sommes engagés trop avant. César lui-même a payé de sa personne, et nous avons trouvé plus de résistance que nous n'en attendions.
(Agrippa et les siens sortent.)
(Bruit d'alarme. Entrent Antoine et Scarus blessés.)
SCARUS.—O mon brave général! voilà ce qui s'appelle combattre. Si nous avions commencé par là, nous les aurions renvoyés chez eux avec des torchons autour de la tête.
ANTOINE.—Ton sang coule à grands flots.
SCARUS.—J'avais ici une blessure comme un T, maintenant c'est une H.
ANTOINE.—Ils battent en retraite.
SCARUS.—Nous les repousserons jusque dans des trous.—J'ai encore de la place pour six blessures.
(Éros entre.)
ÉROS.—Ils sont battus, seigneur; et notre avantage peut passer pour une victoire complète.
SCARUS.—Tirons-leur des lignes sur le dos, prenons-les par derrière comme des lièvres; c'est une chasse d'assommer un fuyard.
ANTOINE.—Je veux te donner une récompense pour cette saillie, et dix pour ta bravoure... Suis-moi.
SCARUS.—Je vous suis en boitant.
(Ils sortent.)