SCÈNE III
La grande rue de Windsor.
Entrent MISTRISS PAGE, FORD ET le DOCTEUR CAIUS.
MISTRISS PAGE.--Monsieur le docteur, ma fille est en vert. Dès que vous trouverez votre moment, prenez son bras, menez-la au doyenné, et hâtez la cérémonie. Entrez toujours dans le parc: il faut que nous deux nous nous y rendions ensemble.
CAIUS.--Je sais ce que je dois faire. Adieu.
MISTRISS PAGE.--Bon succès, docteur. (Il sort.) Mon mari se réjouira moins du tour qu'on prépare à Falstaff, qu'il ne se fâchera du mariage de Nancy avec le docteur. Mais n'importe. Mieux vaut une petite gronderie qu'un grand crève-coeur.
MISTRISS FORD.--Où est Jean avec sa troupe de lutins? et Hugh, notre diable gallois?
MISTRISS PAGE.--Ils sont tous accroupis dans une ravine voisine du chêne de Herne, avec des lumières cachées. Au moment où Falstaff viendra nous joindre, il les feront tous à la fois briller au milieu de la nuit.
MISTRISS FORD.--Il est impossible qu'il ne soit pas effrayé.
MISTRISS PAGE.--S'il n'est pas effrayé, au moins sera-t-il honni; et s'il s'effraye, il sera mieux honni encore.
MISTRISS FORD.--Nous le conduisons joliment dans le piége.
MISTRISS PAGE.--Pour punir de tels libertins et leurs vilains désirs, un piége n'est pas une trahison.
MISTRISS FORD.--L'heure approche. Au chêne, au chêne.
(Elles sortent.)