SCÈNE V

Une autre partie du parc.

Entre FALSTAFF déguisé avec un bois de cerf sur la tête.

FALSTAFF.--L'horloge de Windsor a sonné minuit; l'heure s'avance.--Dieux au sang amoureux, assistez-moi maintenant. Souviens-toi, Jupiter, que tu devins taureau pour ton Europe: l'amour s'assit entre tes cornes. O puissance de l'amour qui, dans quelques occasions, fait d'une bête un homme, et dans quelques autres fait de l'homme une bête! tu devins cygne aussi, Jupiter, pour l'amour de Léda. Oh! tout-puissant amour! combien le dieu alors se rapprochait de la nature d'une oie! Le premier péché te changea en bétail; péché de bête! oh! Jupiter! et le second te transforme en volaille, penses-y, Jupiter; péché de volage[51].--Quand les dieux sont si lascifs, que feront les pauvres humains? Quant à moi, je suis cerf de Windsor, et, je puis le dire, le plus gras de la forêt! Jupin, rafraîchis et calme mon automne, ou ne trouve pas mauvais que je dépense l'excès de mon embonpoint[52]. Qui vient ici? Est-ce ma biche?

Note 51: [(retour) ] A foul fault, dit Falstaff, jouant sur le mot fowl (oiseau) et le mot foul (coupable, odieux). Il a fallu chercher quelque espèce d'équivalent à cette plaisanterie.

Note 52: [(retour) ] Send me a cool rut-time, Jove, or who can blame me to piss my tallow?

(Entrent mistriss Ford et mistriss Page.)

MISTRESS FORD.--Sir John, est-ce vous, mon cerf, mon vigoureux cerf[53]?

Note 53: [(retour) ] My male deer. Le jeu de mots sur deer (daim) et dear (cher) s'est déjà rencontré plusieurs fois: il a été impossible de le rendre ici même par un équivalent.

FALSTAFF.--Oui, ma biche aux poils noirs[54]. Que maintenant le ciel fasse pleuvoir des patates[55], fasse résonner sa foudre sur l'air des Vertes manches, m'envoie une grêle d'épices, une neige de panicots, qu'une tempête de stimulants vienne m'assaillir! Voilà mon asile.

(Il l'embrasse.)

Note 54: [(retour) ] Black scut.

Note 55: [(retour) ] Potatoes. Les patates, lorsqu'on les introduisit en Angleterre, y passaient pour un stimulant. Probablement l'air des Vertes manches rappelait à Falstaff quelque idée gaillarde, et, au lieu d'épices, il demande une grêle de kissing comfits; ce qu'il a fallu rendre autrement pour être intelligible en français. Pour les kissing comfits, voyez les notes de Roméo et Juliette.

MISTRESS FORD--Mistriss Page est venue avec moi, mon cher coeur.

FALSTAFF.--Partagez-moi comme un chevreuil offert à deux juges; prenez chacune un quartier. Je garde pour moi mes côtes; mes épaules seront pour le garde du bois[56]. Quant à mes cornes, je les lègue à vos maris. Ha! ha! suis-je l'homme du bois? Sais-je imiter Herne le chasseur?--Allons, Cupidon se montre enfin garçon de conscience; il fait restitution.--Comme il est vrai que je suis un esprit loyal, soyez les bienvenues.

Note 56: [(retour) ] The fellow of this walk. Dans les règles de la vénerie, les épaules de la bête revenaient de droit au garde du bois.

(Bruit derrière le théâtre.)

MISTRISS PAGE.--Hélas! quel bruit est-ce là?

MISTRESS FORD.--Le ciel nous pardonne nos péchés!

FALSTAFF.--Qu'est-ce que cela peut-être?

MISTRISS FORD ET MISTRESS PAGE.--Fuyons, fuyons.

(Elles se sauvent en courant.)

FALSTAFF.--Je pense que le diable ne veut pas me voir damné, de peur que l'huile contenue dans ma personne ne mette le feu à l'enfer; autrement il ne me traverserait pas ainsi.

(Entrent sir Hugh Evans en satyre, mistriss Quickly et Pistol. Anne Page en reine des fées, accompagnée de son frère et de plusieurs autres jeunes garçons déguisés en fées avec des bougies allumées sur la tête.)

QUICKLY.--Esprits noirs, gris, verts et blancs qui vous réjouissez au clair de la lune et sous les ombres de la nuit; enfants sans père[57], entre les mains de qui repose l'immuable destinée, rendez-vous à votre devoir et remplissez vos fonctions. Lutin crieur, faites l'appel des Fées.

Note 57: [(retour) ] You orphan-heirs of fixed destiny. Les commentateurs sont demeurés dans l'embarras sur le sens de ce passage qui ne paraît cependant pas très-difficile à saisir. Dans les superstitions relatives aux fées, lutins et esprits follets, etc., on attribue à ces êtres mystérieux tous les effets de ce que nous appelons hasard, tout événement qui n'est pas le résultat d'une prédétermination connue. Ainsi, confondant poétiquement l'agent avec son action, Shakspeare a pu prendre les fées, les lutins, etc., pour les hasards eux-mêmes, et, dans ce sens, les appeler orphans, orphelins, enfants sans père. Ensuite heir, dans la langue de Shakspeare, signifie pour le moins aussi souvent possesseur qu'héritier. Il n'est pas douteux que le double sens du mot, joint surtout à celui d'orphans (héritiers orphelins), n'ait ici séduit Shakspeare qui ne résiste jamais à ce genre de séduction; mais il paraît également clair que, par heirs of fixed destiny, il a entendu ceux entre les mains de qui réside, est déposée l'immuable destinée; et, peut-être ici, le vague de l'expression convient-il assez bien au genre d'idées qu'avait à rendre le poëte.

PISTOL.--Esprits, écoutez vos noms; silence, atomes aériens. Cri, cri, élance-toi aux cheminées de Windsor, et là où le feu ne sera pas couvert, le foyer point balayé, pince les servantes jusqu'à les rendre violettes comme des mûres. Notre rayonnante reine hait les malpropres et la malpropreté.

FALSTAFF, bas, tremblant.--Ce sont des lutins! quiconque leur parle est mort. Je vais fermer les yeux et me coucher à terre; leurs oeuvres sont interdites à l'oeil de l'homme.

EVANS.--Où est Bède? Allez, et quand vous trouverez une jeune fille qui, avant de se coucher, ait dit trois fois ses prières, réjouissez son imagination, et donnez-lui le profond sommeil de l'insouciante enfance; mais pour celles qui dorment sans songer à leurs péchés, pincez-leur les bras, les jambes, le dos, les épaules, les côtés et le menton.

QUICKLY.--A l'ouvrage, à l'ouvrage; esprits, parcourez le château de Windsor, en dedans et en dehors. Fées, répandez les dons du bonheur dans chacune de ses salles sacrées; que jusqu'au jour du jugement il demeure entier autant que magnifique, digne de son possesseur, et son possesseur digne de lui. Nettoyez avec le parfum du baume et des fleurs les plus précieuses les siéges destinés aux différentes dignités de l'ordre, les statues ornées, les cottes d'armes, et les écussons à jamais sanctifiés par les plus loyales armoiries. Et pendant la nuit, fées des prairies, ayez soin, en chantant, de former un cercle semblable à celui de la Jarretière. Que l'endroit qui en portera l'empreinte devienne d'un vert plus frais et plus fertile que celui d'aucune des prairies qu'on ait jamais pu voir. Honni soit qui mal y pense y sera écrit par vous, en touffes de couleur d'émeraude, en fleurs incarnates bleues et blanches, semblables aux saphirs, aux perles et à la riche broderie qui s'attache au-dessous du genou fléchissant de cette brillante chevalerie. Les fées écrivent en caractères de fleurs. Allez, dispersez-vous, mais n'oublions pas la danse d'usage que nous devons former autour du chêne de Herne jusqu'à ce que l'horloge ait sonné une heure.

EVANS.--Je vous prie, prenons-nous les mains dans l'ordre accoutumé; vingt vers luisants nous serviront de lanternes pour conduire notre danse autour de l'arbre. Mais arrêtez, je sens un homme de la moyenne terre.

FALSTAFF.--Que les cieux me défendent de ce lutin gallois! il me changerait en un morceau de fromage.

EVANS.--Vil insecte, tu as été rejeté dès ta naissance.

QUICKLY.--Que le feu d'épreuve touche le bout de son doigt; s'il est chaste, la flamme retournera en arrière et il n'en sentira aucune douleur; mais s'il tressaille, sa chair renferme un coeur corrompu.

PISTOL.--A l'épreuve, venez!

EVANS.--Venez voir si son bois prendra feu.

(Ils le brûlent avec leurs flambeaux.)

FALSTAFF.--Oh! oh! oh!

QUICKLY.--Corrompu, corrompu, souillé de mauvais désirs! Fées, entourez-le; que vos chants lui reprochent sa honte; et, en tournant, pincez-le en cadence.

EVANS.--Cela est juste; il est plein de vices et d'iniquités.

(Chant.)

Honte aux coupables désirs,

Honte à l'impureté et à la luxure:

La luxure est un feu

Allumé dans le sang par l'incontinence des désirs du coeur;

Ses flammes s'élèvent insolemment,

Excitées par la pensée, et aspirent toujours plus haut.

Pincez-le, fées, toutes ensemble;

Pincez-le pour punir son infamie;

Pincez-le, brûlez-le, tournez autour de lui,

Jusqu'à ce que vos flambeaux, la lumière des étoiles

Et le clair de lune aient cessé de briller.

(Durant ce chant, les fées pincent Falstaff. Le docteur Caius arrive d'un côté et enlève une des fées habillée de vert; Slender vient par une autre route, enlève une des fées vêtue de blanc; puis Fenton survient et s'échappe avec Anne Page. Un bruit de chasse se fait entendre derrière le théâtre;
toutes les fées s'enfuient. Falstaff arrache ses cornes et se relève.)

(Entrent Page et Ford, mistriss Page et mistriss Ford. Ils se saisissent de Falstaff.)

PAGE.--Non, ne fuyez pas ainsi.--Je crois que nous vous avons attrapé pour le coup: n'avez-vous donc pas pour vous échapper d'autre déguisement que celui de Herne le chasseur?

MISTRISS PAGE.--Allons, je vous prie, venez: ne poussons pas plus loin la plaisanterie. Eh bien, mon cher sir John, que dites-vous maintenant des femmes de Windsor? Et vous, mon mari, voyez: cette belle paire de cornes ne convient-elle pas mieux à la forêt qu'à la ville?

FORD.--Eh bien, mon cher monsieur, qui de nous deux est le sot?... Monsieur Brook, Falstaff est un gredin, gredin de cocu. Voilà ses cornes, monsieur Brook; et de toutes les jouissances qu'il s'était promises sur ce qui appartient à Ford, il n'a eu que celle de son panier de lessive, de sa canne, et de vingt livres sterling qu'il faudra rendre à M. Brook. Ses chevaux sont saisis pour gage, monsieur Brook.

MISTRISS FORD.--Sir John, le malheur nous en veut; nous n'avons jamais pu parvenir à nous trouver ensemble. Allons, je ne vous prendrai plus pour mon amant; mais je vous tiendrai toujours pour cher[58].

Note 58: [(retour) ] My deer. Toujours le même jeu de mots entre deer et dear. On a tâché d'y substituer celui de cher et chair, une traduction parfaitement fidèle étant impossible.

FALSTAFF.--Je commence à voir qu'on a fait de moi un âne.

MISTRISS FORD.--Oui; et aussi un boeuf gras: les preuves subsistent.

FALSTAFF.--Ce ne sont donc pas des fées? J'ai eu deux ou trois fois l'idée que ce n'étaient pas des fées; et cependant les remords de ma conscience, le saisissement soudain de toutes mes facultés, m'ont aveuglé sur la grossièreté du piége, et m'ont fait croire dur comme fer, contre toute rime et toute raison, que c'étaient des fées. Voyez donc comme l'esprit peut faire de nous un sot, quand il est employé à mal.

EVANS.--Sir John Falstaff, servez Dieu, renoncez à vos mauvais désirs, et les fées ne vous pinceront plus.

FORD.--Bien dit, Hugh l'esprit!

EVANS.--Et vous, renoncez à vos jalousies, je vous en prie.

FORD.--Jamais il ne m'arrivera de me défier de ma femme, que lorsque tu seras en état de lui faire ta cour en bon anglais.

FALSTAFF.--Me suis-je donc desséché, brûlé le cerveau au soleil, au point qu'il ne m'en reste pas assez pour échapper à une grossière déception? Un bouc gallois m'aura fait danser à sa guise, et pourra me coiffer d'un bonnet de fou de son pays? Il serait grand temps qu'on m'étranglât avec une boule de fromage grillé.

EVANS.--Le fromage n'est pas bon avec le beurre; et votre ventre est tout beurre.

FALSTAFF. Fromage et beurre! Ai-je assez vécu pour recevoir la leçon d'un gaillard qui vous met l'anglais en capilotade? En voilà plus qu'il ne faut pour décréditer par tout le royaume la débauche et les courses nocturnes.

MISTRISS PAGE.--Eh quoi, sir John, pensez-vous que quand même nous aurions banni la vertu de nos coeurs, par la tête et par les épaules, et que nous aurions voulu nous damner sans scrupule, le diable eût jamais pu nous rendre amoureuses de vous?

FORD.--D'un vrai pudding, d'un ballot d'étoupes.

MISTRISS PAGE.--D'un essoufflé!

PAGE.--Vieux, glacé, flétri, et d'une bedaine intolérable.

FORD.--D'une langue de Satan!

PAGE.--Pauvre comme Job!

FORD.--Et aussi méchant que sa femme.

EVANS.--Et adonné aux fornications, aux tavernes, au vin d'Espagne, et à la bouteille, et aux liqueurs, et à la boisson, et aux jurements, et aux impudences, et aux ci et aux çà.

FALSTAFF.--Fort bien, je suis le sujet de votre éloquence: vous avez le pion sur moi; je suis confondu; je ne suis pas même en état de répondre à ce blanc-bec de Gallois, et l'ignorance même me foule aux pieds. Traitez-moi comme il vous plaira.

FORD.--Vraiment, mon cher, nous allons vous conduire à Windsor, à un monsieur Brook à qui vous avez filouté de l'argent, et dont vous aviez consenti à vous faire l'entremetteur: je pense que la restitution de cet argent vous sera une douleur beaucoup plus amère que tout ce que vous avez déjà enduré.

MISTRISS FORD.--Non, mon mari, laissez-lui cet argent en réparation; abandonnez-lui cette somme, et comme cela nous serons tous amis.

FORD.--Allons, soit; voilà ma main: tout est pardonné.

PAGE.--Allons, gai chevalier; tu feras collation ce soir chez moi, où tu riras aux dépens de ma femme, comme elle rit maintenant aux tiens: dis-lui que monsieur Slender vient d'épouser sa fille.

MISTRISS PAGE, à part.--Les docteurs en doutent: s'il est vrai qu'Anne Page soit ma fille, elle est actuellement la femme du docteur Caius.

(Entre Slender.)

SLENDER.--Oh! oh! oh! père Page.

PAGE.--Qu'est-ce que c'est, mon fils, qu'est-ce que c'est? est-ce fini?

SLENDER.--Oui, fini..... Je le donne au plus habile homme du comté de Glocester, pour y connaître quelque chose, ou je veux être pendu, là, voyez-vous.

PAGE.--Et de quoi s'agit-il donc, mon fils?

SLENDER.--J'arrive là-bas à Éton pour épouser mademoiselle Anne Page; et elle s'est trouvée être un grand nigaud de garçon: si ce n'avait pas été dans l'église, je l'aurais étrillé, ou il m'aurait étrillé. Si je n'avais pas cru que c'était Anne Page, que je ne bouge jamais de la place; et c'est un postillon du maître de poste!

PAGE.--Sur ma vie, vous vous êtes donc trompé?

SLENDER.--Eh! qu'avez-vous besoin de me le dire? Je le sais bien, morbleu! puisque j'ai pris un garçon pour une fille. Si je m'étais trouvé l'avoir épousé à cause de la figure qu'il avait dans sa robe de femme, j'aurais été bien avancé.

PAGE.--C'est la faute de votre bêtise. Ne vous avais-je pas dit comment vous reconnaîtriez ma fille à la couleur de ses habits?

SLENDER.--Je me suis adressé à celle qui était en blanc; je lui ai dit chut, et elle m'a répondu budget, comme nous en étions convenus, mistriss Anne et moi; et cependant ce n'était pas mistriss Anne, mais un postillon de la poste.

EVANS.--Jésus! monsieur Slender, n'y voyez-vous donc pas assez clair pour ne pas épouser un garçon.

PAGE.--Oh! je suis cruellement vexé. Que faire?

MISTRISS PAGE.--Cher George, ne vous fâchez pas: je savais votre dessein; en conséquence, j'ai fait habiller ma fille en vert, et, pour dire la vérité, elle est maintenant avec le docteur au doyenné, où on les marie.

(Entre Caius.)

CAIUS.--Où est mistriss Anne Page? palsambleu! je suis attrapé; j'ai épousé un garçon, un paysan; ce n'est point Anne Page. Palsambleu! je suis attrapé.

MISTRISS PAGE.--Quoi! n'avez-vous pas pris celle qui était en vert?

CAIUS.--Oui, palsambleu! et c'est un garçon. Palsambleu! je vais soulever tout Windsor.

(Il sort.)

FORD.--C'est étrange! Qui donc aura emmené la véritable Anne Page?

PAGE.--Le coeur ne me dit rien de bon. Voici monsieur Fenton. (Entrent Fenton et mistriss Anne Page.) Que venez-vous faire ici, monsieur Fenton?

ANNE.--Pardon, mon bon père; ma bonne mère, pardon.

PAGE.--Quoi? mademoiselle, comment arrive-t-il que vous ne soyez pas avec monsieur Slender?

MISTRISS PAGE.--Par quel hasard n'êtes-vous pas avec monsieur le docteur, jeune fille?

FENTON.--Vous la troublez: écoutez-moi, vous allez savoir toute la vérité. Chacun de vous la mariait honteusement, sans qu'il y eût aucun amour mutuel. La vérité est qu'elle et moi depuis longtemps engagés l'un à l'autre, nous le sommes maintenant d'une manière si solide, que rien ne peut nous séparer. La faute qu'elle a commise est vertu; et cette fraude ne doit point être traitée ni de supercherie criminelle, ni de désobéissance, ni de manque de respect, puisque par là votre fille évite des jours de malheur et de malédiction que lui aurait fait passer un mariage forcé.

FORD.--Allons, ne restez pas interdits, il n'y a pas de remède: en amour, c'est le ciel qui choisit les conditions; l'argent achète des terres, le sort livre les femmes.

FALSTAFF.--Je suis bien aise de voir qu'en ne voulant que tirer sur moi seul, quelques-uns de vos traits sont retombés sur vous.

PAGE.--Allons, en effet, quel remède?--Fenton, le ciel t'accorde le bonheur! il faut bien accepter ce qu'on ne peut éviter.

FALSTAFF.--Quand les chiens de nuit courent, toutes espèces de bêtes sont prises.

EVANS.--Je danserai et je mangerai des dragées à vos noces.

MISTRISS PAGE.--Allons, je me rends aussi.--Monsieur Fenton que le ciel vous accorde de longs et longs jours de bonheur! Bon mari, allons tous au logis rire, devant un bon feu de campagne, de cette joyeuse histoire; et sir John comme les autres.

FORD.--Ainsi soit-il.--Sir John, vous tiendrez votre parole à monsieur Brook: il passera la nuit avec mistriss Ford.

(Tous sortent.)

FIN DU CINQUIÈME ET DERNIER ACTE.