Catherine meurt.
Le surlendemain, ces dames retournèrent voir Catherine. En entrant, elles remarquèrent que les rideaux de son lit étaient fermés; dans un coin de la chambre, la mère Nannette tenait la petite Jeanne qui s'était endormie sur ses genoux.
Mme Dumont s'approcha.
«C'est fini, ma chère dame: la pauvre âme est allée au bon Dieu; elle est morte comme une sainte. M. le curé, qui ne l'a pas quittée, assure qu'il y a bien longtemps qu'il n'a vu une mort pareille.
--Et qu'allez-vous faire de cette enfant?
--Je vais la garder avec moi, madame; comme je le disais hier à M. le curé, c'est le bon Dieu qui me l'a envoyée; elle prendra soin de ma vieillesse comme je vais prendre soin de son enfance.
--L'enverrez-vous encore mendier?
--Oh! non, madame. Je ne suis pas riche, mais il y aura bien assez de pain ici pour nous deux. D'ailleurs, la voilà en âge de me rendre des services qui me payeront sa nourriture.
--Mère Nannette, il faut continuer d'envoyer Jeanne à la maison; mes filles lui apprendront à écrire et à faire toutes sortes d'ouvrages. Je me charge de son entretien; ainsi vous n'aurez rien à dépenser pour elle.
--Que le bon Dieu vous conserve, ma chère dame! En apprenant à Jeanne à travailler, vous ferez plus que moi pour elle: vous lui mettrez le pain à la main pour toute sa vie.
--Mère Nannette, voici quinze francs pour faire enterrer cette pauvre femme; il ne faut pas que ces frais-là retombent à votre charge.»