La mère Nannette trouve que Jeanne dépense trop.
La mère Nannette la laissait faire; pourtant elle lui disait quelquefois:
«Tu me gâtes, petite Jeanne; tu dépenses trop d'argent, ma fille: cela n'est pas raisonnable.
--Hé bien donc, répondait Jeanne, n'avez-vous pas assez travaillé quand vous étiez jeune, et n'est-il pas juste que vous jouissiez à présent de quelques douceurs?
--Mais écoute donc, petite, si tu dépenses tout, tu te feras tort; car c'est toi qui hériteras de ce que je laisserai, entends-tu!
--C'est bon, c'est bon, ma chère mère; ne vous inquiétez pas de cela! laissez-moi faire; j'en aurai toujours bien assez. N'ai-je pas de bons bras pour travailler? Et d'ailleurs, ne faut-il pas que vous engraissiez un peu pour aller faire la veillée cet hiver avec les voisines?
--Eh bien, ma fille, j'entends que tu manges de toutes les bonnes fricassées que tu me fais.
--Merci, mère Nannette; ne serait-il pas honteux qu'il fallût des fricassées à une grande fille comme moi!»