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(Pis. r. sekr. Trabuc’a)
Bez daty [wrzesień, 1663]9
Pour respondre aux deux derniers poincts de vostre lettre du 7. de ce mois, touchant la maison de fillets, Je vous diray qu’ ayant fait reflection sur ce qu’ elle est bastie sur des fundements de rien iusques là, que les vents la secouent si estrangement quelque fois qu’ il semble qu’ elle menace ruine, J’ ay trouvé qu’ il y auroit beaucoup a craindre, si on y logeoit les menusiers, a cause que c’ est un rude mestier et, qu’ en coignant, ils pourroient beaucoup nuire a ce foible bastiment. Quant au faiseur de porcellaine. J’ y trouve aussy des inconveniants: car il y faudroit bastir des fours de cheminees et de poyles, outre que J’ ay fait dessein d’ y loger le Pere Sool10, ne pouvant plus souffrir l’ incommodité qu’ il a, de venir tous les jours de la Ville au Pallais a pied, et que la moytie tant du hault que du bas de ce logis m’ est necessaire pour mettre mes fillets à couvert. Il me semble aussy, quand au faiseur de mayolica, qu’ il seroit mieux qu’ il allast demeurer et travailler a Białolenka11 a cause de la commodité du bois, et que peut estre il pourroit y trouver de la terre plus propre pour cela qu’ a Varsavie mesme. Enfin Je vous laisse a considerer touttes ces choses, et si, non obstant tout cela, vous estez resolue de faire accomoder une partie de ce bastiment, faittes-le, et quand Je seray de retour a Varsavie, nous verrons ensemble, comment il en faudra disposer. Je vous prie sur tout de me laisser la moytie du logis libre, tant du haut, que du bas, soit du costé droit, soit du costé gauche.
[P. S.]. Depuis avoir signé ma lettre, la poste est anivée. Pour response a la vostre, Je vous diray que, jusques a cette heure, Je n’ ay pu rien tirer des soldats prisonniers, bien qu’ on les ayt examiner trois ou quattre fois en particulier, et mesme menacé de la torture, a laquelle Je destine le Pultora Gey [? sic]12 et un autre qui s’ estoit qualifié le Pissars de la revolte, et qui est du regiment de Mr. le Pissars13. On verra, si parla on pourra les obliger a parler. Quand au Gentilhomme Polonois, [ce] prisonnnier c’ est un grand fourbe; Vous en aurez cognu quelque chose par les examens que Je vous ay envoy[és]14. On le traitte et traittera iustement selon votre pensee. Il faudra pourtant le presser un peu davantage par des tourments. Ce sera dans quelques jours; mais que le procez des soldats prisonniers soit achevé.
J’ ay ordonné au Podkomorzy de Pomeranie d’ escrire de ma part a l’ Estarosta [sic] de Bidgosc15 qui a le privilege signé et scelle entre ses mains, pour lequel M. l’ Archevesque Vous a priée de vous le rendre; l’ autre pour l’ 052, 199, 31516. Je vous l’ ay envoyé de Usatin. Vous verrez, de quelle façon Je l’ ay fait expedier.
Quand au present que M. l’ Electeur: de Brandembourg m’ a envoyé par M. Owerbek, Je vous prie de faire bien garder la caleche; et pour ce qui est des chevaux, Je suis content qu’ ils Vous demeurent, s’ ils sont tous masles, a la place de ceux que Vous avez perdu; mais si ce sont de cavalles, Je vous declare que Je les veus pour moy; et, s’ il se trouvera qu’ il y en ayt une partie des uns et une partie des autres, les chevaux seront pour Vous et les juments pour moy. Je vous prie cependant de ne les faire pas trop travailler, et d’ ordonner qu’ on en aye bien soin.