БАСЕНКА

о непостоянствѣ дѣвушекъ.

Un jour Dämon le plus tendre Berger

Revint chez lui tout joyeux d'un verger,

où sa Daphné lui fut très favorable,

croyant ce sort être a jamais durable

Le lendemain il y hata ses pas.

Qu'y fit Daphné fierre de ses apas?

Elle l'evite, et prend un autre route.

Damon la suit n'etant de rien en doute,

Il la salue en termes fort polis,

Dont il faisoit ses cornplitnens jolis;

il s'informoit, comment elle se porte,

Pour lui prouver sou zele de la sorte.

Puis franchement il commence a causer

avant de lui donner aucun baiser,

en lui faisant la suivante demande:

Est ce pour moy, que vous quitez la bande?

Vous êtes seule! Est ce de votre ardeur

pour m'assurer, dont je fait mon bonheur?

sera ce donc pour m'exposer vos charmes,

afin de jouir des plaisirs sans al larmes?

Alors enfin il se mit en devoir

de l'embrasser, et de la faire asseoir.

Tout doucement, lui dit elle, en colere,

de tous vos soins vraiment je n'ai que faire.

Comment Daphné? lui répliqua Damon,

que voulez vous? est ce enfin tout de bon?

puis je du moins scavoir quel est mon crime?

ofiense-t-on par un excès d'eslime?

eli! laissez moi, répond elle, en repos.

Et tout d'abord elle tourna le dos.

Damon surpris d'une action si dure

Crût que ce fût une illusion pure,

mais c'est en vain qu'il vouloit la toucher!

lors tout en pleurs il ne put s'empêcher

de s'écrier avec raison, ce semble;

un jour suit Vautre, et point ne lui ressemble.