L'Epoque présente que les troubles suscités par les sujets de V. Mté dans une autre partie du monde ont fait naître, rallume le zéle et l'attachement de tous ceux qui pénetrés de vos bontés, Sire, ne cessent de faire les voeux les plus ardens pour la felicité et le repos du meilleur des Rois.
Animé de ces sentiments que mon respect soumis et mon attachement inviolable pour sa Personne me dictent, je supplie V. Mté d'agréer favorablement que dans cet instant ou Elle paroit desirer des trouppes Allemandes, j'ose lui offrir sans la moindre condition et à ses ordres mon Regiment d'Infanterie composé de cinq cent hommes, tous enfants du pay que la protection de V. Mté m'assure uniquement et tous prêts á sacrifier avec moi leur vie et leur sang pour son service.
Daignéz me pardonner la liberté que je prens et regarder l'intention et non la chose même. Que ne puisse-je offrir 20 mille hommes à V. Mté, ce seroit avec le même empressement. Qu'il lui plaise donc de disposer entièrement de mon Regiment à quel tems et où Elle ordonnera. Il est tout prêt au premier clin d'oeuil qu'Elle daignera m'en faire donner,
II.
Der Erbprinz von Hessen-Kassel an Sir Joseph Yorke.
(S.P.O. Holland, Vol. 592.)
Hanau, ce 20. Août 1775.
Monsieur. En m'adressant à Votre Excellence au moment présent je profite de son amitié sur laquelle je fais toujours le plus grand fond et en la priant de remettre l'incluse à Sa Majesté le Roi vous obligerez quelqu'un dont tous les sentimens les plus vifs vous sont acquis pour toujours Monsieur; la copie ci-jointe vous mettra au fait du sujet contenu dans la lettre susdite. La reconnaissance la plus soumise pour toutes les bontés que le Roi a eu pour moi et en aucune façon mon interêt me determine à cette demarche. Si Votre Excellence trouvait qu'il fut necessaire de l'adresser au Ministre de ce Departement en Angleterre, je le laisse uniquement à votre decision, n'aiant pas l'honneur de connaître celui qui en est chargé. Je n'ai voulu que donner à Sa Majesté une faible preuve de mon respect et de mon attachement, ne demandant rien que d'avoir le bonheur de lui être en quelque façon utile pour toutes ses bontés infinies à mon égard, et que je n'ai encore jamais pu mériter.
Si vous vous souvenez encore un peu, Monsieur, de quelqu'un qui sait estimer votre amitié, vous voudrez bien être aussi persuadé que rien ne changera la consideration la plus distinguée et l'amitié la plus constante avec lesquels j'ai l'honneur d'être pour ma vie
Monsieur de Votre Excellence
le très humble, très obeissant Serviteur et fidele ami
Guillaume P. H. D'Hesse.