The following eloquent remarks seem worth quoting, as illustrative of the instinct in the soul of man to perform the act of prayer; the natural outgoing of the human soul after the infinite Being. They are taken from Guizot, L'Eglise et la Société Chrétienne, 1861.

“Seul entre tous les étres ici-bas l'homme prie. Parmi ses instincts moraux, il n'y en a point de plus naturel, de plus universel, de plus invincible que la prière. L'enfant s'y porte avec une docilité empressée. Le vieillard s'y replie comme dans un refuge contre la décadence et l'isolement. La prière monte d'elle-même sur les jeunes lèvres qui balbutient à peine le nom de Dieu et sur les lèvres mourantes qui n'ont plus la force de le prononcer. Chez tous les peuples, célèbres ou obscurs, civilisés ou barbares, on rencontre à chaque pas des actes et des formules d'invocation. Partout où vivent des hommes, dans certaines circonstances, à certaines heures, sous l'empire de certaines impressions de l'âme, les yeux s'élèvent, les mains se joignent, les genoux fléchissent, pour implorer ou pour rendre grâces, pour adorer ou pour apaiser. Avec transport ou avec tremblement, publiquement ou dans le secret de son cœur, c'est à la prière que l'homme s'adresse, en dernier recours, pour combler les vides de son âme ou porter les fardeaux de sa destinée; c'est dans la prière qu'il cherche, quand tout lui manque, de l'appui pour sa faiblesse, de la consolation dans ses douleurs, de l'espérance pour sa vertu.” (p. 22.)

“Il y a, dans l'acte naturel et universel de la prière, une foi [pg 396] naturelle et universelle dans cette action permanente, et toujours libre, de Dieu sur l'homme et sur sa destinée.” (p. 24.)

“ ‘Les voies de Dieu ne sont pas nos voies:’ nous y marchons sans les connaître; croire sans voir et prier sans prévoir, c'est la condition que Dieu a faite à l'homme en ce monde, pour tout ce qui en dépasse les limites.” (p. 25.)

Note 9. p. [31]. On The Modern View Of The Historical Method In Philosophy.

It has been implied in the text, at this place, and also in the preface, that the “historic method of study” is the great feature of this century. The term is ambiguous. The meaning of it however is, that each problem ought to be approached from the historic side. Whether the problem be a fact of society, or of thought, or of morals, in each case the questions are asked—What are its antecedents? how did it happen? How came it that men accepted it?—This is a method exactly the reverse of that which was common in the last century. The question then was, Is a thing true? The question now is a preliminary one, How came it that it was thought to be true? It is probable that in many minds there is a slight tendency to pantheism in this method of study. The universe is looked at as ever in course of development; evil as “good in the making;” no fact as wholly bad; no thought as wholly false. But, without involving such a tendency, whatever is true in the method may be appropriated. It starts only with the assumption that the human race is in a state of movement; and that Providence has lessons to teach us if we watch this movement. It is the method of learning by experience of the past, a lesson for conduct in the future.

The method thus explained, however, is used for two different purposes. Either it is intended to be the preliminary process preparatory to discovery, or it is designed to take the place of discovery. In the former case, we ask why men have thought a thing true, for the purpose of afterwards discovering, by the use of other methods, what is true; in the latter we rest content with the historical investigation, and consider the attempt to discover absolute truth to be impossible; and regard the problem of philosophy to be, to gather up the elements of truth in the past. In the former case truth is absolute, though particular ages may have blindly groped after it; in the latter it is relative. In the former, the history of philosophy is the preliminary to philosophy; in the latter it is philosophy. In the former, philosophy is a science; in the latter it is a form of criticism. The former view is held by the school of Schelling and Cousin; the latter is an offshoot of that of Hegel. The former marked French literature until recent years; the latter is expressed in it at the present time; and is stated by [pg 397] no one so clearly as by Renan and Soberer. Most English writers will justly prefer the former view; but the explanation of the latter, given in the two passages which follow, is expressed with such clearness, and will be of so much use in explaining subsequent allusions in these lectures (especially Lect. [VII]. and [VIII].), that it is desirable to print it here.

“Le trait caractéristique du 19e siècle est d'avoir substitué la méthode historique à la méthode dogmatique, dans toutes les études relatives à l'esprit humain. La critique littéraire n'est plus que l'exposé des formes diverses de la beauté, c'est à dire des manières dont les différentes familles et les différentes âges de l'humanité ont résolu le problème esthétique. La philosophie n'est que le tableau des solutions proposées pour résoudre le problème philosophique. La théologie ne doit plus être que l'histoire des efforts spontanés tentés pour résoudre le problème divin. L'histoire, en effet, est la forme nécessaire de la science de tout ce qui est soumis aux lois de la vie changeante et successive. La science des langues, c'est l'histoire des langues; la science des littératures et des philosophies, c'est l'histoire des littératures et des philosophies; la science de l'esprit humain c'est, de même, l'histoire de l'esprit humain, et non pas seulement l'analyse des rouages de l'âme individuelle. La psychologie n'envisage que l'individu, et elle l'envisage d'une manière abstraite, absolue, comme un sujet permanent et toujours identique à lui-même; aux yeux de la critique la conscience se fait dans l'humanité comme l'individu; elle a son histoire. Le grand progrès de la critique a été de substituer la catégorie du devenir â la catégorie de l'être, la conception du relatif à la conception de l'absolu, le mouvement à l'immobilité. Autrefois, tout était considéré comme étant; on parlait de philosophie, de droit, de politique, d'art, de poésie, d'une manière absolue; maintenant tout est considéré comme en voie de se faire....... A ce point de vue de la science critique, ce qu'on recherche dans l'histoire de la philosophie, c'est beaucoup moins de la philosophie proprement dite que de l'histoire.”—(E. Renan, Pref. to Averroes, p. vi.)

“Tout n'est que relatif, disions-nous tout à l'heure; il faut ajouter maintenant: tout n'est que relation. Vérité importune pour l'homme qui, dans le fatal courant où il est plongé, voudrait trouver un point fixé s'arrêter un instant, se faire illusion sur la vanité des choses! Vérité féconde pour la science qui lui doit une intelligence nouvelle de la réalité, une intuition infiniment plus pénétrante du jeu des forces qui composent le monde. C'est ce principe qui a fait de l'histoire une science et de toutes les sciences une histoire. C'est en vertu de ce principe qu'il n'y a plus de philosophie mais des philosophies qui se succèdent, qui se complétent en se succèdant, et dont chacune représenté avec un élément du vrai, une phase du développement de la pensée universelle. Ainsi la science s'organise elle-même et porte en soi sa critique. La classification rationnelle des systèmes est leur succession, et le seul jugement [pg 398] équitable et utile qu'on puisse passer sur eux est celui qu'ils passent sur eux-mêmes en se transformant. Le vrai n'est plus vrai en soi. Ce n'est plus une quantité fixe qu'il s'agit de dégager, un objet rond ou carré qu'on puisse tenir dans la main. Le vrai, le beau, le juste même se font perpétuellement; ils sont à jamais en train de se constituer, parce qu'ils ne sont autre chose que l'esprit humain, qui, en se déployant, se retrouve et se reconnait.”—E. Scherer, (article on Hegel in Revue des Deux Mondes, Feb. 15, 1861.)