I cannot forbear repeating, that my case is peculiar, and dissimilar to all the former. It is distinguished by the circumstances I have before intimated; my early entrance into the service; my having made the campaign of ’76, the most disagreeable of the war, at the head of a company of artillery, and having been entitled, in that corps, to a rank, equal in degree, more ancient in date, than I now possess; my having made all the subsequent campaigns in the family of the Commander-in-Chief, in a constant course of important and laborious service. These are my pretensions, at this advanced period of the war, to being employed in the only way which my situation admits; and I imagine they would have their weight in the minds of the officers in general. I only urge them a second time, as reasons which will not suffer me to view the matter in the same light with your Excellency, or to regard, as impracticable, my appointment in a light corps, should there be one formed. I entreat they may be understood in this sense only. I am incapable of wishing to obtain any object by importunity. I assure your Excellency, that I am too well persuaded of your candor, to attribute your refusal to any other cause than an apprehension of inconveniences that may attend the appointment.

I have the honor to be, with perfect respect,
Sir, your most obed’t servant,
A. Hamilton.

General Washington.

P. S. I have used the term brevet in the sense your Excellency appears to have understood it in, as signifying, in general, all officers not attached to any established corps. Congress seem, however, to have made a distinction: they only give a kind of warrant to those whom they designate as brevet officers. Mine is a regular commission.

LE VICOMTE DE NOAILLES A HAMILTON.

Newport, 10 May, 1781.

Je suis certain, mon cher Colonel, de vous faire plaisir en vous apprenant que votre ami Laurens est arrivé à Paris en bonne santé, après une traversée favorable. Au départ de la frégate La Concorde arrivée à Boston avec M. de Barras amiral, qui vient prendre le commandement de notre flotte, et M. le Vicomte de Rochambau, Mr. Laurens avait déjà eu plusieurs conférences avec nos ministres; il aura été bien écouté et bien entendu de celui qui est chargé du departement de la marine, ainsi que de notre contrôleur général. Ces deux hommes paraissent influer infiniment dans ce moment sur l’opinion du Roi de France et celle du peuple; qui finit en France, comme dans tous les pays du monde par être entendue. Vous saurez certainement quels sont les préparatifs pour cette campagne; je désire que nous puissions délivrer l’Amérique des souffrances qu’elle éprouve: quoique je ne sois point né dans un pays libre mon cher Colonel, je verrai avec plaisir les fondemens que vous allez établir pour le bonheur et la tranquillité d’un peuple chez lequel toutes les nations de l’Europe auront les mêmes droits. Une fois cette époque arrivée, l’Humanité jettera avec plaisir ses yeux sur l’autre monde, et verra sans envie un peuple qui ne devra son bonheur qu’à son propre courage. S’il m’est possible de placer une petite pierre dans ce vaste edifice, je me trouverai parfaitement heureux.

Le Ministre chargé de gouverner les finances de notre puissance vient d’obtenir du roi de France la permission de lui rendre un compte public de son administration depuis cinq-ans qu’il en a la direction: cet exemple, le premier de ce genre ’a frappé l’Europe d’étonnement et d’amiration pour la conduite de ce grand homme; il prouve qu’au commencement de son ministère les dépenses de l’État excédait les recettes de 24 millions. Les différentes économies qu’il a pu établir, malgré la guerre et les frais énormes qu’elle exige, a rétabli non seulement l’équilibre mais même un bénéfice de dix millions de rente excédante et dix sept millions cinq-cent mille livres, employé annuellement à des remboursements de rentes perpetuelles. Ce qui produit maintenant 27 millions de rente de plus que de dépense. La manière énergique, raisonnée et claire rend son ouvrage persuasif aux yeux mêmes de ses ennemis. Je compte vous envoyer ce livre par la première occasion et par celle-ci même, si l’homme qui vous remettra ma lettre veut s’en charger.

Je vous demanderais pardon de mon importunité, mon cher Colonel, si je n’avais pas été assez heureux pour vous donner de nouvelles de notre ami. Je vous prie de ne pas douter de l’extrême plaisir que j’aurai dans tous les temps de ma vie à vous prouver combien mon attachement pour vous est tendre et sincère.

Le Vicomte de Noailles.