"Where are you off to?" asked Arsène Houssaye.
"I am going to write you your lines, of course; you shall have them to-morrow."
They pulled Théophile's hat from under Girardin's shoulders. It had suffered by reason of its position; but what cared Théophile for the condition of his hat?
He returned home and set to work. The next day, as he had promised, Arsène Houssaye had the verses.
But both poet and manager had reckoned without the Censorship.
These are Théophile Gautier's lines on the great Corneille,—they were forbidden by the dramatic censor, as I have said, in the year III of the Second Republic, M. Louis Bonaparte being president, M. Léon Faucher minister and M. Guizard director of the Fine Arts:—
"Par une rue étroite, au cœur du vieux Paris,
Au milieu des passants, du tumulte et des cris,
La tête dans le ciel et le pied dans la fange,
Cheminait à pas lents une figure étrange.
C'était un grand vieillard sévèrement drapé,
Noble et sainte misère, en son manteau râpé!
Son œil d'aigle, son front, argenté vers les tempes
Rappelaient les fiertés des plus mâles estampes;
Et l'on eut dit, à voir ce masque souverain,
Une médaille antique à frapper en airain.
Chaque pli de sa joue, austèrement creusée,
Semblait continuer un sillon de pensée,
Et, dans son regard noir, qu'éteint un sombre ennui,
On sentait que l'éclair autrefois avait lui.
Le vieillard s'arrêta dans une pauvre échoppe.
Le roi-soleil, alors, illuminait l'Europe,
Et les peuples baissaient leurs regards éblouis
Devant cet Apollon qui s'appelait Louis.
A le chanter, Boileau passait ses doctes veilles;
Pour le loger, Mansard entassait ses merveilles;
Cependant, en un bouge, auprès d'un savetier,
Pied nu, le grand Corneille attendait son soulier!
Sur la poussière d'or de sa terre bénie,
Homère, sans chaussure, aux chemins d'Ionie,
Pouvait marcher jadis avec l'antiquité,
Beau comme un marbre grec par Phidias sculpté;
Mais Homère, à Paris, sans crainte du scandale,
Un jour de pluie, eut fait recoudre sa sandale.
Ainsi faisait l'auteur d'Horace et de Cinna,
Celui que de ses mains la muse couronna,
Le fier dessinateur, Michel-Ange du drame,
Qui peignit les Romains si grands, d'après son âme.
O pauvreté sublime! ô sacré dénûment!
Par ce cœur héroique accepté simplement!
Louis, ce vil détail que le bon goût dédaigne,
Ce soulier recousu me gâte tout ton règne.
A ton siècle en perruque et de luxe amoureux,
Je ne pardonne pas Corneille malheureux.
Ton dais fleurdelisé cache mal cette échoppe;
De la pourpre où ton faste à grands plis s'enveloppe,
Je voudrais prendre un pan pour Corneille vieilli,
S'éteignant, pauvre et seul, dans l'ombre et dans l'oubli.
Sur le rayonnement de toute ton histoire,
Sur l'or de ton soleil c'est une tache noire,
O roi! d'avoir laissé, toi qu'ils ont peint si beau,
Corneille sans souliers, Molière sans tombeau!
Mais pourquoi s'indigner! Que viennent les années,
L'équilibre se fait entre les destinées;
A sa place chacun est remis par la mort:
Le roi rentre dans l'ombre, et le poëte en sort!
Pour courtisans, Versaille a gardé ses statues;
Les adulations et les eaux se sont tues;
Versaille est la Palmyre où dort la royauté.
Qui des deux survivra, génie ou majesté?
L'aube monte pour l'un, le soir descend sur l'autre;
Le spectre de Louis, au jardin de Le Notre,
Erre seul, et Corneille, éternel comme un Dieu,
Toujours sur son autel voit reluire le feu,
Que font briller plus vif en ses fêtes natales
Les générations, immortelles vestales.
Quand en poudre est tombé le diadème d'or,
Son vivace laurier pousse et verdit encor;
Dans la postérité, perspective inconnue,
Le poëte grandit et le roi diminue!"
Now let us have a few words on this matter, Monsieur Guizard, for you did not reckon things would end here; you did not hope to escape at the cost of a few words written with a double meaning, inserted in a newspaper printed yesterday, published to-day and forgotten on the morrow.
No, when such outrages are perpetrated upon art, it is meet that the culprit should be deprived of his natural judges and taken to a higher court, as your models carried Trélat and Cavaignac to the House of Peers, as your friends carried Raspail, Hubert and Sobrier to the Court of Bourges. And I call upon you to appear, Monsieur Guizard, you who took the place of my friend Cavé, as superintendent of the department of Fine Arts.