Marshal Marmont came third.
"What name shall I announce?" asked the lackey.
"The Duc de Raguse."
"M. le maréchal Marmont," announced the lackey.
This time there could not be any mistake about it; so the two first arrivals joined the third and told him of their difficulty. But they all three decided to wait a while longer.
The Duc de Reggio, the Duc de Tarente and all the other dukes of the Imperial creation came, one after another, and, although they all gave their ducal titles, they were only announced by their family names.
The insult was open and patent, and offered publicly, and yet the insulted men silently withdrew, to nurse the insult they had endured. Not one of them thought of striking the insulter. But a poet was ready to demand redress and to obtain it on their behalf! Three days after this insult had been offered to the whole of the army, in the person of its chiefs, the Ode à la Colonne appeared.
ODE À LA COLONNE
"O monument vengeur, trophée indélébile!
Bronze qui, tournoyant sur ta base immobile,
Sembles porter au ciel ta gloire et ton néant,
Et de tout ce qu'a fait une main colossale,
Seul es resté debout! ruine triomphale
De l'édifice du géant!
Débris du grand empire et de la grande armée,
Colonne d'où si haut parle la renommée!
Je t'aime; l'étranger t'admire avec effroi,
J'aime tes vieux héros sculptés par la victoire,
Et tous ces fantômes de gloire
Qui se pressent autour de toi.
J'aime à voir sur tes flancs, colonne étincelante!
Revivre ces soldats qu'en leur onde sanglante
Ont roulés le Danube, et le Rhin, et le Pô;
Tu mets, comme un guerrier, le pied sur ta conquête,
J'aime ton piédestal d'armures et ta tête,
Dont le panache est un drapeau.
Au bronze de Henri, mon orgueil te marie.
J'aime à vous voir tous deux, honneur de la patrie,
Immortels, dominant nos troubles passagers,
Sortir, signes jumeaux d'amour et de colère,
Lui, de l'épargne populaire,
Toi, des arsenaux étrangers.
Que de fois, tu le sais, quand la nuit sous ses voiles
Fait fuir la blanche lune, ou trembler les étoiles,
Je viens, triste, évoquer tes fastes devant moi,
Et d'un œil enflammé, dévorant ton histoire,
Prendre, convive obscur, ma part de tant de gloire
Comme un pâtre au banquet d'un roi!
Que de fois j'ai cru voir, ô colonne française!
Ton airain ennemi rugir dans la fournaise;
Que de fois, ranimant des combattants épars,
Heurtant sur tes parois leurs armees dérouillées,
J'ai ressuscité ces mêlées
Qui s'assiègent de toutes parts!
Jamais, ô monument! même ivres de leur nombre,
Les étrangers sans peur, n'ont passé sur ton ombre;
Leurs pas n'ébranlent point ton bronze souverain,
Quand le sort une fois les poussa vers nos rives;
Ils n'osaient étaler leurs parades oisives
Devant tes batailles d'airain.
Mais, quoi! n'entend-je point, avec de sourds murmures,
De ta base à ton front bruire les armures?
Colonne! il m'a semblé qu'éblouissant mes yeux,
Tes bataillons cuivrés cherchaient à redescendre;
Que tes demi-dieux, noirs d'une héroïque cendre,
Interrompaient soudain leur marche vers les cieux.
Leurs voix mêlaient des noms à leur vieille devise:
TARENTE, REGGIO, DALMATIE ET TRÉVISE,
Et leurs aigles, sortant de leur puissant sommeil,
Suivaient d'un bec ardent cette aigle à double tête
Dont l'œil, ami de l'ombre où son essor s'arrête,
Se baisse à leur regard comme au feu de soleil.
Qu'est-ce donc, et pourquoi, bronze envie de Rome,
Vois-je tes légions frémir comme un seul homme?
Quel impossible outrage à ta hauteur atteint?
Qui donc a réveillé ces ombres immortelles,
Ces aigles qui, battant ta base de leurs ailes,
Dans leur ongle captif pressent leur foudre éteint?
Je comprends: l'étranger, qui nous croit sans mémoire,
Veut, feuillet par feuillet, déchirer notre histoire,
Écrite avec du sang, à la pointe du fer ...
Ose-t-il, imprudent, heurter tant de trophées?
De ce bronze, forgé de foudres étouffées,
Chaque étincelle est un éclair.
Est-ce Napoléon qu'il frappe en notre armée?
Veut-il, de cette gloire en tant lieux semée,
Disputer l'héritage à nos vieux généraux?
Pour un fardeau pareil il a la main débile:
L'empire d'Alexandre et les armes d'Achille
Ne se partagent qu'aux héros.
Mais non; l'Autrichien, dans sa fierté qu'il dompte,
Est content si leurs noms ne disent que sa honte;
Il fait de sa défaite un titre à nos guerriers,
Et, craignant des vainqueurs moins que des feudataires,
Ils pardonne aux fleurons de nos ducs militaires,
Si ne sont que des lauriers.
Bronze! il n'a donc jamais, fier pour une victoire,
Subi de tes splendeurs l'aspect expiatoire?
D'où vient tant de courage à cet audacieux?
Croit-il impunément toucher à nos annales?
Et comment donc lit-il ces pages triomphales
Que tu déroules dans les cieux?
Est-ce un langage obscur à ses regards timides?
Eh! qu'il s'en fasse instruire au pied des Pyramides,
A Vienne, au vieux Kremlin, au morne Escurial;
Qu'il en parle à ces rois, cour dorée et nombreuse,
Qui naguère peuplaient, d'une tente poudreuse,
Le vestibule impérial!
A quoi pense-t-il donc, l'étranger qui nous brave?
N'avions nous pas hier l'Europe pour esclave?
Nous, subir de son joug l'indigne talion!
Non, au champ du combat nous pouvons reparaître.
On nous a mutilés, mais le temps a peut-être
Fait croître l'ongle du lion....
De quel droit viennent-ils découronner nos gloires?
Les Bourbons ont toujours adopté des victoires;
Nos rois t'ont défendu d'un ennemi tremblant,
O trophée! A leur pieds tes palmes se déposent;
Et si tes quatre aigles reposent,
C'est à l'ombre du drapeau blanc.
Quoi! le globe est ému de volcans électriques,
Derrière l'Océan grondent les Amériques,
Stamboul rugit, Hellé remonte aux jours anciens;
Lisbonne se débat aux mains de l'Angleterre;
Seul, le vieux peuple franc s'indigne que la terre
Tremble a d'autres pas que les siens.
Prenez garde, étrangers! nous ne savons que faire;
La paix nous berce en vain dans son oisive sphère,
L'arène de la guerre a pour nous tant d'attrait!
Nous froissons dans nos mains, hélas! inoccupées.
Des lyres à défaut d'épées;
Nous chantons comme on combattrait.
Prenez garde! la France, où grandit un autre âge,
N'est pas si morte encor, qu'elle souffre un outrage;
Les partis pour un temps voileront leur drapeau.
Contre une injure, ici, tout grandi, tout se lève,
Tout s'arme, et la Vendée aiguisera son glaive
Sur la pierre de Waterloo.
Vous dérobez des noms! Quoi donc, faut-il qu'on aille
Lever sur tous vos champs des titres de bataille?
Faut-il, quittant ces noms par la valeur trouvés,
Pour nos gloires chez vous chercher d'autres baptèmes;
Sur l'airain de vos canons mêmes
Ne sont-ils point assez gravés?
L'étranger briserait le blason de la France!
On verrait, enhardi par notre indifférence.
Sur nos fiers écussons tomber son vil marteau!
Ah! comme ce Romain qui remuait la terre,
Vous portez, ô Français, et la paix et la guerre
Dans les plis de votre manteau!
Votre aile en ce moment touche, à sa fantaisie,
L'Afrique par Cadix et par Moscou l'Asie;
Vous chassez en courant Anglais, Russes, Germains;
Les tours croulent devant vos trompettes fatales,
Et de toutes les capitales
Vos drapeaux savent les chemins.
Quand leur destin se pèse avec vos destinées,
Toutes les nations s'inclinent détrônées;
La gloire pour vos noms n'a point assez de bruit;
Sans cesse autour de vous les États se déplacent
Quand votre astre paraît tous les autres s'effacent;
Quand vous marchez, l'univers suit.
Que l'Autriche en rampant, de nœuds vous environne,
Les deux géants de France ont foulé sa couronne;
L'histoire, qui des temps ouvre le Panthéon,
Montre, empreints aux deux fronts du vautour d'Allemagne,
La sandale de Charlemagne,
L'éperon de Napoléon.
Allez, vous n'avez plus l'aigle qui, de son aire,
Sur tous les fronts trop hauts portait votre tonnerre
Mais il vous reste encor l'oriflamme et le lys;
Mais c'est le coq gaulois qui réveille le monde,
Et son cri peut promettre à votre nuit profonde
L'aube du soleil d'Austerlitz.
C'est moi qui me tairais! moi qu'enivrai naguère
Mon nom saxon mêlé parmi des cris de guerre;
Moi qui suivais le vol d'un drapeau triomphant;
Qui, joignant aux clairons ma voix entrecoupée,
Eus pour premier hochet le nœud d'or d'une épée;
Moi qui fus un soldat quand j'étais un enfant!
Non, frères! non, Français de cette âge d'attente!
Nous avons tous grandi sur le seuil de la tente;
Condamnés à la paix, aiglons bannis des cieux,
Sachons du moins, veillant aux gloires paternelles,
Garder de tout affront, jalouses sentinelles,
Les armures de nos aïeux."
This was the first sign of opposition against the Government of the Bourbons of the older branch that Hugo had given.