"Mais la commission ne connaissait pas le peuple; elle ne l'avait pas vu.
"Cela tient à ce que la commission ne fut constituée que le 29 juillet au soir, et que le peuple se battait depuis le 27 au matin.
"Nous attendons les nouvelles dénégations qui peuvent se produire, et nous promettons d'y répondre aussi promptement, aussi catégoriquement, aussi victorieusement qu'à celles de M. le chevalier de Liniers et à celles de M. Mauguin.
"ALEX. DUMAS
"BRUXELLES, ce 13 mars 1853"
NOTE TO P. 357
In the Brussels edition of 1853, Dumas adds: "Happily, these lines of Barbier supply all I could wish to have said:—
Oh! lorsqu'un lourd soleil chauffait les grandes dalles
Des ponts et de nos quais déserts,
Que les cloches hurlaient, que la grêle des balles
Sifflait et pleuvait par les airs;
Que, dans Paris entier, comme la mer qui monte,
Le peuple soulevé grondait,
Et qu'au lugubre accent des vieux canons de fonte
La Marseillaise répondait;
Certe, on ne voyait pas, comme au jour où nous sommes,
Tant d'uniformes à la fois;
C'était sous des haillons que battaient les cœurs d'hommes;
C'étaient, alors, de sales doigts
Qui chargeaient les mousquets et renvoyaient la foudre;
C'était la bouche aux vils jurons
Qui mâchait la cartouche, et qui, noire de poudre,
Criait aux citoyens: 'Mourons!'
. . . . . . . . .
Mais, ô honte! Paris, si beau dans sa colère,
Paris, si plein de majesté,
Dans ce jour de tempête où le vent populaire
Déracina la royauté;
Paris, si magnifique avec ses funérailles,
Ses débris d'hommes, ses tombeaux,
Ses chemins dépavés et ses pans de murailles
Troués comme de vieux drapeaux;
Paris, cette cité de lauriers toute ceinte,
Dont le monde entier est jaloux,
Que les peuples émus appellent tous la sainte,
Et qu'ils ne nomment qu'à genoux;
Paris n'est maintenant qu'une sentine impure,
Un égout sordide et boueux,
Où mille noirs courants de limon et d'ordure
Viennent traîner leurs flots honteux;
Un taudis regorgeant de faquins sans courage,
D'effrontés coureurs de salons
Qui vont, de porte en porte et d'étage en étage,
Gueusant quelque bout de galons;
Une halle cynique aux clameurs indolentes,
Où chacun cherche à déchirer
Un misérable coin des guenilles sanglantes
Du pouvoir qui vient d'expirer!
Ainsi, quand dans sa bauge aride et solitaire,
Le sanglier, frappé de mort,
Est là tout palpitant, étendu sur la terre,
Et sous le soleil qui le mord;
Lorsque, blanchi de bave et la langue tirée,
Ne bougeant plus en ses liens,
Il meurt, et que la trompe a sonné la curée
À toute la meute des chiens,
Toute la meute, alors, comme une vague immense,
Bondit; alors, chaque matin
Hurle en signe de joie, et prépare d'avance
Ses larges crocs pour le festin;
Et puis vient la cohue, et les abois féroces
Roulent de vallons en vallons;
Chiens courants et limiers, et dogues, et molosses,
Tout se lance, et tout crie: 'Allons!
Quand le sanglier tombe et roule sur l'arène,
Allons! allons! les chiens sont rois!
Le cadavre est à nous; payons-nous notre peine,
Nos coups de dents et nos abois.
Allons! nous n'avons plus de valet qui nous fouaille
Et qui se pende à notre cou.
Du sang chaud! de la chair! allons, faisons ripaille,
Et gorgons-nous tout notre soûl!'
Et tous, comme ouvriers que l'on met à la tâche,
Fouillent ces flancs à plein museau,
Et de l'ongle et des dents travaillent sans relâche,
Car chacun en veut un morceau;
Car il faut au chenil que chacun d'eux revienne
Avec un os demi-rongé,
Et que, trouvant au seuil son orgueilleuse chienne,
Jalouse et le poil allongé,
Il lui montre sa gueule encor rouge et qui grogne,
Son os dans les dents arrêté,
Et lui crie, en jetant son quartier de charogne:
'Voici ma part de royauté!'"