Some time later, l'Avenir had to submit to the ordeal of another trial in a greater arena and under circumstances which we ought to recall.

MM. de Montalembert and Lacordaire had constituted themselves the champions of liberty in educational matters, as well as of all other liberties, both religious and civil. From words they passed to deeds; and they opened, conjointly, an elementary school which a few poor children attended. The police intervened. Ordered to withdraw, the professors offered resistance, so they were obliged to arrest the "substance of the offence"—namely, the street arabs who filled the school-room. There was hardly sufficient ground for a trial before the tribunal correctionnel; but, in the meantime, a few days before the promulgation of the law which suppressed the hereditary rights to the peerage, M. Charles de Montalembert's most excellent father died. The matter then assumed unexpected proportions: Charles de Montalembert, a peer of France by the grace of non-retroactivity, was not amenable to ordinary courts of justice, so the trial was carried before the Court of Peers, where it took the dimensions of a political debate upon the freedom of education. Lacordaire, whose cause could not be disconnected from that of his accomplice, was also transferred to the Supreme Court, and he delivered extempore his own counsel's speech. M. de Montalembert, on the contrary, read a speech in which he attacked the university and M. de Broglie in particular.

"At this point," says the Moniteur, in its report of the trial, "the honourable peer of France put up his eye-glass and looked critically at the young orator."

Less fortunate before the Court of Peers than before the jury, which would certainly have acquitted them, the two editors of l'Avenir lost their case; but they won it in the opinion of the country. The Comte de Montalembert owed it to this circumstance, that he sided with M. de Lamennais, whose Liberal doctrines he shared and professed at that time; he was also equally bound by the unexpected death of his father to find a career ready opened for him in the Upper Chamber. But when questioned by the Chamber as to his profession, he replied—"Schoolmaster."

All these trials seemed but to give a handle to M. de Lamennais's religious enemies. Rumours began from below. From the lower clergy, who condemned them, M. de Lamennais and the other editors of l'Avenir appealed to the bishops, who in their turn also condemned them. Then, driven back from one entrenchment after another, like the defenders of a town, who, having vainly defended their advanced positions, and their first and second enceintes, are forced to take refuge within the citadel itself, the accused men were obliged to look towards the Vatican, and to put their trust in Rome. The mainmast of this storm-beaten vessel, M. de Lamennais, was the first to be struck by the thunders of denunciation.

On 8 September 1831, a voice rang through the world similar to that of the angel in the Apocalypse, announcing the fall of towns and empires; that voice, as incoherent as a death-rattle or last expiring sigh, formulated itself in these terrible words on 16 September: "Poland has just fallen! Warsaw is taken!" We know how this news was announced to the Chamber of Deputies by General Sébastiani. "Letters I have received from Poland," he said, in the session of 16 September, "inform me that PEACE reigns in Warsaw." There was a slight variation given in the Moniteur, which spoke of ORDER, instead of peace, reigning in Warsaw. Under the circumstances neither word was better than the other: both were infamous! It is curious to come across again to-day the echo which that great downfall awakened in the soul of poets and believers, those living lyres which great national misfortunes cause to vibrate, and from whom the passing breeze of calamity draws exquisite sounds. Here we have four replies to the optimistic phraseology of the Minister for Foreign Affairs—

BARTHÉLEMY
"Destinée à périr! ... L'oracle avait raison!
Faut-il accuser Dieu, le sort, la trahison?
Non, tout était prévu, l'oracle était lucide!...
Qu'il tombe sur nos fronts, le sceau du fratricide!
Noble sœur! Varsovie! elle est morte pour nous;
Morte un fusil en main, sans fléchir les genoux;
Morte en nous maudissant à son heure dernière;
Morte en baignant de pleurs l'aigle de sa bannière,
Sans avoir entendu notre cri de pitié,
Sans un mot de la France, un adieu d'amitié!
Tout ce que l'univers, la planète des crimes,
Possédait de grandeur et de vertus sublimes;
Tout ce qui fut géant dans notre siècle étroit
A disparu! Tout dort dans le sépulcre froid!...
Cachons-nous! cachons-nous! nous sommes des infâmes!
Rasons nos poils, prenons la quenouille des femmes;
Jetons has nos fusils, nos guerriers oripeaux,
Nos plumets citadins, nos ceintures de peaux;
Le courage à nos cœurs ne vient que par saccades ...
Ne parlons plus de gloire et de nos barricades!
Que le teint de la honte embrase notre front!
Vous voulez voir venir les Russes: ils viendront!..."

BARBIER
"La Guerre
"Mère! il était une ville fameuse;
Avec le Hun j'ai franchi ses détours;
J'ai démoli son enceinte fumeuse;
Sous le boulet j'ai fait crouler ses tours!
J'ai promené mes chevaux par les rues,
Et, sous le fer de leurs rudes sabots,
J'ai labouré le corps des femmes nues,
Et des enfants couchés dans les ruisseaux!...
Hourra! hourra! j'ai courbé la rebelle!
J'ai largement lavé mon vieil affront:
J'ai vu des morts à hauteur de ma selle!
Hourra! j'ai mis les deux pieds sur son front!...
Tout est fini, maintenant, et ma lame
Pend inutile à côté de mon flanc.
Tout a passé par le fer et la flamme;
Toute muraille a sa tache de sang!
Les maigres chiens aux saillantes échines
Dans les ruisseaux n'ont plus rien à lécher;
Tout est désert; l'herbe pousse aux ruines....
Ô mort! ô mort! je n'ai rien à faucher!"
"Le Choléra-Morbus
"Mère! il était un peuple plein de vie,
Un peuple ardent et fou de liberté;
Eh bien, soudain, des champs de Moscovie,
Je l'ai frappé de mon souffle empesté!
Mieux que la balle et les larges mitrailles,
Mieux que la flamme et l'implacable faim,
J'ai déchiré les mortelles entrailles,
J'ai souillé l'air et corrompu le pain!...
J'ai tout noirci de mon haleine errante;
De mon contact j'ai tout empoisonné;
Sur le teton de sa mère expirante,
Tout endormi, j'ai pris le nouveau-né!
J'ai dévoré, même au sein de la guerre,
Des camps entiers de carnage filmants;
J'ai frappé l'homme au bruit de son tonnerre;
J'ai fait combattre entre eux des ossements!...
Partout, partout le noir corbeau becquète;
Partout les vers ont des corps à manger;
Pas un vivant, et partout un squelette ...
Ô mort! ô mort! je n'ai rien à ronger!"
"La Mort
"Le sang toujours ne peut rougir la terre;
Les chiens toujours ne peuvent pas lécher;
Il est un temps où la Peste et la Guerre
Ne trouvent plus de vivants à faucher!...
Enfants hideux! couchez-vous dans mon ombre,
Et sur la pierre étendez vos genoux;
Dormez! dormez! sur notre globe sombre,
Tristes fléaux! je veillerai pour vous.
Dormez! dormez! je prêterai l'oreille
Au moindre bruit par le vent apporté;
Et, quand, de loin, comme un vol de corneille,
S'élèveront des cris de liberté;
Quand j'entendrai de pâles multitudes,
Des peuples nus, des milliers de proscrits,
Jeter à has leurs vieilles servitudes
En maudissant leurs tyrans abrutis;
Enfants hideux! pour finir votre somme,
Comptez sur moi, car j'ai l'œil creux ... Jamais
Je ne m'endors, et ma bouche aime l'homme
Comme le czar aime les Polonais!"

VICTOR HUGO
"Je hais l'oppression d'une haine profonde;
Aussi, lorsque j'entends, dans quelque coin du monde,
Sous un ciel inclément, sous un roi meurtrier,
Un peuple qu'on égorge appeler et crier;
Quand, par les rois chrétiens aux bourreaux turcs livrée,
La Grèce, notre mère, agonise éventrée;
Quand l'Irlande saignante expire sur sa croix;
Quand l'Allemagne aux fers se débat sous dix rois;
Quand Lisbonne, jadis belle et toujours en fête,
Pend au gibet, les pieds de Miguel sur sa tête;
Quand Albani gouverne au pays de Caton;
Quand Naples mange et dort; quand, avec son bâton,
Sceptre honteux et lourd que la peur divinise,
L'Autriche casse l'aile au lion de Venise;
Quand Modène étranglé râle sous l'archiduc:
Quand Dresde lutte et pleure au lit d'un roi caduc;
Quand Madrid sa rendort d'un sommeil léthargique;
Quand Vienne tient Milan; quand le lion belgique,
Courbé comme le bœuf qui creuse un vil sillon,
N'a plus même de dents pour mordre son bâillon;
Quand un Cosaque affreux, que la rage transporte,
Viole Varsovie échevelée et morte,
Et, souillant son linceul, chaste et sacré lambeau
Se vautre sur la vierge étendue au tombeau;
Alors, oh! je maudis, dans leur cour, dans leur antre,
Ces rois dont les chevaux ont du sang jusqu'au ventre.
Je sens que le poète est leur juge; je sens
Que la muse indignée, avec ses poings puissants,
Peut, comme au pilori, les lier sur leur trône,
Et leur faire un carcan de leur lâche couronne,
Et renvoyer ces rois, qu'on aurait pu bénir,
Marqués au front d'un vers que lira l'avenir!
Oh! la muse se doit aux peuples sans défense!
J'oublie, alors, l'armour, la famille, l'enfance.
Et les molles chansons, et le loisir serein,
Et j'ajoute à ma lyre une corde d'airain!"