MONTALEMBERT'S speech was afterwards published in the Moniteur but with considerable alterations. In Mr. Senior's journal in 1854 (which has not been published), he says, under the date of April 26, I called on Montalembert and took him my report of his speech. He has promised to add to it any notes that it may require. "The printed report," he said, "is intentionally falsified. Before it was struck off I asked to see the proofs. I was told that, as such an application was new, the President of the Bureau would meet and decide on its admissibility. They decided that it could not be granted."'
[The following is Mr. Senior's report, with M. de Montalembert's own corrections and additions in French.—ED.]
At length Montalembert rose. He stood near the extreme right, with his side towards the tribune, and his face towards the centre gallery, in which I sat. His voice and delivery are so good, and the house was so silent, that I did not lose a word. I believe that the following report is a tolerably accurate abridgment of his speech.
'Gentlemen, I must begin by expressing to you my deep gratitude for the attention which you have paid to this unhappy business. I am grieved at having occasioned the waste of so much public time. I am still more grieved at having been the occasion of division among my colleagues.'
[Note by Montalember.—'J'aurais voulu faire plus qu'exprimer le regret: j'aurais voulu me prêter à tous les arrangements qui m'ont été suggérés par des voix amies pour mettre un terme à cette discussion. Je n'aurais reculé devant aucun sacrifice qui eût été compatible avec l'honneur. Mais vous comprenez tous que sous le coup d'une poursuite, d'un danger, je ne puis rien désavouer, rien rétracter, rien retirer de ce que j'ai écrit, de ce que j'ai pensé. Si j'agissais autrement il vous resterait un collègue absous, mais déshonoré et dont vous ne sauriez que faire.']
'More than all I am grieved when I think of the time at which this has occurred. A time when we are engaged in an honourable and serious war—a war in which, with the great and faithful ally whom I have always desired, and the sympathy of all Europe, we are defending civilisation against an enemy, barbarous indeed, but so formidable as to require our undivided energy and our undivided attention.
But you must recollect when that letter was written. It was in last September, in profound peace, when our whole thoughts were employed, and were properly employed, on our internal affairs.
'Aujourd'hui il en est autrement; l'état de guerre impose à tous les citoyens des devoirs spéciaux: il doit aussi imposer un certain frein à l'esprit de critique. Aucun Français, quel que soit sa foi politique, ne peut vouloir discréditer le pouvoir des dissidents, des mécontents, mais il n'y a plus d'émigrés, ni à l'intérieur, ni à l'extérieur.'
[Note by N.W. Senior.—This seems to be an allusion to a passage in Thiers's celebrated speech of the 17th of February, 1851. 'I1 ne faut émigrer, ni au dehors, ni au dedans.']
['J'aurais su contenir les sentiments les plus passionés de mon âme, plutôt que de paraître affaiblir en quoi que ce soit la main qui porte l'épée et le drapeau de la France. Ce n'est pas toutefois que j'admette que toute liberté de parole ou de presse soit incompatible avec l'état de guerre. L'Angleterre a conservé toutes ses libertés en faisant la guerre aux plus redoutables ennemis: aujourd'hui encore l'opposition, d'accord avec le gouvernement sur la question extérieure, maintient les résistances et les critiques à l'intérieur. Et certes personne ne dira que l'Angleterre, pour avoir conservé la liberté de discussion la plus entière, n'ait pas déployé pour le moins autant de prévoyance et d'énergie que nous dans la conduite de la guerre où nous entrons. Il n'y a que les nations où la vie publique circule dans toutes les veines du corps social, qui sachent résister aux épreuves et aux chances d'une guerre prolongée. La liberté de la contradiction centuple le prix d'une libre adhésion; et à force de mettre une sourdine à toutes les émotions du pays, il faut prendre garde qu'on ne se trouve un jour dans l'impossibilité de faire vibrer les cordes les plus essentielles quand le moment des dangers et des sacrifices sera arrivé.']