A wide opening out of the street near this, with a pretty fountain, is called the Piazza Montanara, and is one of the places where the country people collect and wait for hire.

"Le dimanche est le jour où les paysans arrivent à Rome. Ceux qui cherchent l'emploi de leurs bras viennent se louer aux marchands de campagne, c'est-à-dire aux fermiers. Ceux qui sont loués et qui travaillent hors des murs viennent faire leurs affaires et renouveler leurs provisions. Ils entrent en ville au petit jour après avoir marché une bonne partie de la nuit. Chaque famille amène un âne, qui porte le bagage. Hommes, femmes, et enfants, poussant leur âne devant eux, s'établissent dans un coin de la place Farnèse, ou de la place Montanara. Les boutiques voisines restent ouvertes jusqu'à midi, par un privilège spécial. On va, on vient, on achète, on s'accroupit dans les coins pour compter les pièces de cuivre. Cependant les ânes se reposent sur leurs quatre pieds au bord des fontaines. Les femmes, vêtues d'un corset en cuirasse, d'un tablier rouge, et d'une veste rayée, encadrent leur figure hâlée dans une draperie de linge très-blanc. Elles sont toutes à peindre sans exception: quand ce n'est pas pour la beauté de leurs traits, c'est pour l'élégance naïve de leurs attitudes. Les hommes ont le long manteau bleu de ciel et le chapeau pointu; là-dessous leurs habits de travail font merveille, quoique roussis par le temps et couleur de perdrix. Le costume n'est pas uniforme; on voit plus d'un manteau amadou rapiécé de bleu vif ou de rouge garance. Le chapeau de paille abonde en été. La chaussure est très-capricieuse; soulier, botte et sandale foulent successivement le pavé. Les déchaussés trouvent ici près de grandes et profondes boutiques où l'on vend des marchandises d'occasion. Il y a des souliers de tout cuir et de tout âge dans ces trésors de la chaussure; on y trouverait des cothurnes de l'an 500 de la république, en cherchant bien. Je viens de voir un pauvre diable qui essayait une paire de bottes à revers. Elles vont à ses jambes comme une plume à l'oreille d'un porc, et c'est plaisir de voir la grimace qu'il fait chaque fois qu'il pose le pied à terre. Mais le marchand le fortifie par de bonnes paroles: 'Ne crains rien,' lui dit-il, 'tu souffriras pendant cinq ou six jours, et puis tu n'y penseras plus.' Un autre marchand débite des clous à la livre: le chaland les enfonce lui-même dans ses semelles; il y a des bancs ad hoc. Le long des murs, cinq ou six chaises de paille servent de boutique à autant de barbiers en plein vent. Il en coute un sou pour abattre une barbe de huit jours. Le patient, barbouillé de savon, regarde le ciel d'un œil résigné; le barbier lui tire le nez, lui met les doigts dans la bouche, s'interrompt pour aiguiser le rasoir sur un cuir attaché au dossier de la chaise, ou pour écorner une galette noire qui pend au mur. Cependant l'opération est faite en un tour de main; le rasé se lève et sa place est prise. Il pourrait aller se laver à la fontaine, mais il trouve plus simple de s'essuyer du revers de sa manche.

"Les écrivains publics alternent avec les barbiers. On leur apporte les lettres qu'on a reçues; ils les lisent et font la réponse: total, trois sous. Dès qu'un paysan s'approche de la table pour dicter quelque-chose, cinq ou six curieux se réunissent officieusement autour de lui pour mieux entendre. Il y a une certaine bonhomie dans cette indiscrétion. Chacun place son mot, chacun donne un conseil: 'Tu devrais dire ceci.'—'Non; dis plutôt cela.'—'Laissez-le parler,' crie un troisième, 'il sait mieux que vous ce qu'il veut faire écrire.'

"Quelques voitures chargées de galettes d'orge et de maïs circulent au milieu de la foule. Un marchand de limonade, armé d'une pince de bois, écrase les citrons dans les verres. L'homme sobre boit à la fontaine en faisant un aqueduc des bords de son chapeau. Le gourmet achète des viandes d'occasion devant un petit étalage, où les rebuts de cuisine se vendent à la poignée. Pour un sou, le débitant remplit de bœuf haché et d'os de côtelettes un morceau de vieux journal; une pincée de sel ajoutée sur le tout pare agréablement la denrée. L'acheteur marchande, non sur le prix, qui est invariable, mais sur la quantité; il prend au tas quelques bribes de viande, et on le laisse faire; car rien ne se conclut à Rome sans marchander.

"Les ermites et les moines passent de groupe en groupe en quêtant pour les âmes du purgatoire. M'est avis que ces pauvres ouvriers font leur purgatoire en ce monde; et qu'il vaudrait mieux leur donner de l'argent que de leur en demander; ils donnent pourtant, et sans se faire tirer l'oreille.

"Quelquefois un beau parleur s'amuse à raconter une histoire; on fait cercle autour de lui, et à mesure que l'auditoire augmente il élève la voix. J'ai vu de ces conteurs qui avaient la physionomie bien fine et bien heureuse; mais je ne sais rien de charmant comme l'attention de leur public. Les peintres du quinzième siècle ont dû prendre à la place Montanara les disciples qu'ils groupaient autour du Christ."—About, Rome Contemporaine.

An opening on the left discloses the vast substructions of the Theatre of Marcellus. This huge edifice seems to have been projected by Julius Caesar, but he probably made little progress in it. It was actually erected by Augustus, and dedicated (c. 13 B.C.) in memory of the young nephew whom he married to his daughter Julia, and intended as his successor, but who was cut off by an early death. The theatre was capable of containing 20,000 spectators, and consisted of three tiers of arches, but the upper range has disappeared, and the lower is very imperfect. Still it is a grand remnant, and rises magnificently above the paltry houses which surround it. The perfect proportions of its Doric and Ionic columns served as models to Palladio.

"Le mur extérieur du portique demi-circulaire qui enveloppait les gradins offre encore à notre admiration deux étages d'arceaux et de colonnes doriques et ioniques d'une beauté presque grecque. L'étage supérieur, qui devait être corinthien, a disparu. Les fornices, ou voûtes du rez-de chaussée, sont habitées encore aujourd'hui comme elles l'étaient dans l'antiquité, mais plus honnêtement, par de pauvres gens qui vendent des ferrailles. Au-dessous des belles colonnes de l'enceinte extérieure, on a construit des maisons modernes dans lesquelles sont pratiquées des fenêtres, et à ces fenêtres du théâtre de Marcellus, on voit des pots à fleurs, ni plus ni moins qu à une mansarde de la rue Saint Denis; des chemises sèchent sur l'entablement; des cheminées surmontent la ruine romaine, et un grand tube se dessine à l'extrémité.

"Dans les jeux célébrés à l'occasion de la dédicace du théâtre de Marcellus, on vit pour la première fois un tigre apprivoisé, tigrim mansuefactum. Dans ce tigre le peuple romain pouvait contempler son image."—Ampère, Emp. i. 256.

In the middle ages this theatre was the fortress of the great family of Pierleoni, the rivals of the Frangipani, who occupied the Coliseum; their name is commemorated by the neighbouring street, Via Porta Leone. The constant warfare in which they were engaged with their neighbours did much to destroy the building, whose interior became reduced to a mass of ruins, forming a hill, upon which Baldassare Peruzzi (1526) built the Palazzo Savelli, of which the entrance, flanked by the two armorial bears of the family, may be seen in the street (Via Savelli) which leads to the Ponte Quattro Capi.