"Le 7 octobre suivant eut lieu, à Québec, le départ des navires pour la France. (Relation, 1643, p. 46.) Cette Relation écrite vers la fin de l'été de 1643, raconte ce qui s'est passé après le départ des navires de 1642.

"Le sieur Olivier le Tardif partit pour la France cet automne, 1642, et fut remplacé à Québec, dans sa charge de commis-général de la compagnie des Cent-Associés, par son beau-frère Nicolet, qui descendit des Trois-Rivières expressément pour cela (Relation, 1643, p. 4), par conséquent entre le 29 septembre et le 7 octobre.

"Le 19 octobre, un sauvage d'une nation alliée aux Iroquois fut amené captif aux Trois-Rivières par les Algonquins de ce lieu, qui le condamnèrent à périr sur le bûcher. (Relation, 1643, p. 46.) Les Pères Jésuites et M. des Rochers, le commandant du fort, ayant épuisé tous les arguments qu'ils croyaient pouvoir employer pour induire ces barbares à ne pas faire mourir leur prisonnier, envoyèrent un messager à Québec avertir Nicolet de ce qui se passait et réclamer son assistance. (Relation, 1643, p. 4.)

"Ces pourparlers et ces démarches paraissent avoir occupé plusieurs jours.

"A cette nouvelle, Nicolet, n'écoutant que son cœur, s'embarqua à Québec, dans la chaloupe de M. Chavigny, vers les sept heures du soir. L'embarcation n'était pas arrivée à Sillery, qu'un coup de vent du nord-est qui avait soulevé une grosse tempête, la remplit d'eau et la coula à fond. M. de Chavigny seul se sauva. La nuit était très-noire et il faisait un froid âpre qui avait couvert de 'bordages' les rives du fleuve. (Relation, 1643, p. 4.)

"Dans ses Notes sur les registres de Notre-Dame de Québec, M. l'abbé Ferland nous donne le texte de l'acte qui suit: 'Le 29 octobre, on fit les funérailles de monsieur Nicollet et de trois hommes de M. de Chavigny, noyés dans une chaloupe qui allait de Québec à Sillery; les corps ne furent point trouvés.'

"M. de Chavigny demeurait à Sillery. Il est probable que Nicolet comptait repartir de là le lendemain, soit à la voile (en chaloupe) ou en canot d'ècorce, selon l'état du fleuve, pour atteindre les Trois-Rivières.

"Le captif des Algonquins ayant été délivré par l'entremise de M. des Rochers, arriva à Québec douze jours après le naufrage de Nicolet (Relation, 1643, p. 4), le 9 novembre (Relation, 1643, p. 44), ce qui fixerait au 27 ou 28 octobre la date demandée.

"Comme ce malheur eut lieu à la nuit close, pendant une tempête, il est raisonable de supposer que la recherche des cadavres ne put se faire que le lendemain, surtout lorsque nous songeons que Sillery n'est pas Quebec, quoiqu'assez rapproché. Le service funèbre dût être célébré le troisième jour, et non pas le lendemain de l'événement en question.

"J'adopte donc la date du lundi 27 octobre comme celle de la mort de Nicolet.