L'accueil que vous me faites comme chef du gouvernement fédéral et comme représentant sa majesté la reine, me convainc que le jour de la St. Jean Baptiste est célèbré par vous comme le sont les fêtes de St. Georges, St. André et St. Patrice. Ce sera une fête qui célébrera en même temps les traditions de la race, de la foi, et l'inconquérable résolution d'affermir notre population dans une fraternité chrétienne et une nationalité animée de sentiments chrétiens.
In reply to the Archbishop of St. Boniface, Winnipeg.
Monseigneur et Messieurs,—J'ai l'honneur d'accuser réception de votre gracieuse adresse, renouvelant l'expression de vos sentiments de loyauté envers la couronne, et de vous assurer que j'en apprécie la sincérité du fond de mon coeur.
Son éloquence exprime, en termes qui prennent leur source dans le coeur, le devoir qui a été enseigné et pratiqué parmi vous, par des prédicateurs éloquents et des missionnaires héroïques.
Vos paroles remarquables seront transmises à la reine. Tout récemment encore, sa majesté me faisait part du plaisir qu'elle avait ressenti, en prenant connaissance des paroles prononcées par des hommes distingués de la province de Québec, lors de l'érection du monument à la mémoire du Colonel de Salaberry.
Ce monument, digne de l'art canadien, a été érigé en l'honneur d'un des enfants les plus illustres du Canada. Doué d'une force physique qui aurait fait envi aux preux Paladins de Roncevaux, le Colonel de Salaberry mit toute son énergie et sa force au service de son pays, et contribua à repousser l'ennemi qui menaçait l'intégrité de l'Empire Britannique en attaquant le Canada.
Permettez-moi de vous remercier aussi de tout mon coeur de ce que vous avez dit à l'égard de la Princesse, qui espère être de retour au Canada à la fin d'octobre. J'aurais voulu qu'elle eût pu prendre part à la réception qui m'est faite à St. Boniface. Non seulement cette réception me cause une vive satisfaction, mais elle m'inspire le plus grand intérêt.
St. Boniface est le berceau de ce Canada plus grand que l'ancien. Sous les auspices de l'Eglise, les Canadiens-français sont venus ici et ont fondé une communauté heureuse et prospère. Leurs compatriotes des provinces de l'est peuvent être certains que, sous les mêmes auspices, leurs enfants trouveront ici les mêmes bienfaits de l'éducation qui les guidera dans la vie.
De nombreux Canadiens quittent la province de Québec pour se diriger vers le sud; ils abandonnent la vie saine des champs, et le bonheur de vivre avec leurs compatriotes pour la vie malsaine des manufactures sur la terre étrangère. Un certain nombre d'entre eux songent à rentrer au pays après des années d'absence, mais il leur serait incomparablement plus avantageux, à tous, de se diriger, de suite, vers les plaines du Nord-Ouest Canadien, où la fertilité du sol leur assurerait un avenir facile.
J'ai rencontré sur la ligne du chemin de fer, près du Portage du Rat, plusieurs de vos compatriotes qui sont occupés à l'achèvement de cette grande et importante oeuvre nationale. Tous m'ont donné à entendre qu'ils avaient écrit à leurs amis, pour leur conseiller de venir s'établir à Manitoba. Ils ajoutaient que, quant à eux-mêmes, leur unique but était de se procurer des terrains dans cette nouvelle et fertile province.