"En me demandant de parler de l'illustre et regretté Whistler, vous ne désirez certes pas que j'ajoute mon lot à la riche pyramide d'admiration et d'éloges définitivement érigée à sa gloire.

"Il ne peut s'agir, dans votre pensée que de ce que je pourrais ajouter de spécial et de pittoresque à la Biographie du Grand Artiste.

"Si j'ai beaucoup vu et aimé ses œuvres, je n'ai qu'entrevu son originale personne.

"Voici deux traits intéressants qui s'y rapportent.

"Il y a quelques années il s'inquiéta d'une contrefaçon qu'un étranger habitant Anvers avait perpétré en Belgique de son curieux livre, 'L'Art charmant de se faire des ennemis.' Je le vis un jour entrer dans mon cabinet et il me dit avec un sourire sarcastique, 'Je souhaiterais que vous fussiez mon avocat dans cette petite affaire parcequ'on m'a dit que vous pratiquez aussi bien que moi l'art charmant de se faire des ennemis.'

"Le procès fut gagné à Anvers avec la collaboration de mon confrère, M. Maeterlinck, parent du poète qui honore tant notre pays. On célébra chez lui cette victoire. Quand Whistler, héros de la fête, arriva dans l'hospitalière maison, il s'attardait dans l'antichambre. La bonne qui l'avait reçu vint, avec quelque effarement, dire en flamand au salon où l'on attendait, 'Madame, c'est un acteur; il se coiffe devant le miroir, il se pommade, il se met du fard et de la poudre!' Après un assez long intervalle, Whistler parut, courtois, correct, ciré, cosmétiqué, pimpant comme le papillon que rappêle son nom et qu'il mit en signature sur quelques-uns des billets qu'il écrivit alors à ses conseils.

"Et voilà tout ce que je puis vous offrir.

"J'ai demandé à M. Maeterlinck les documents qu'il pouvait avoir conservés de cet épisode judiciaire. Ses recherches ont été vaines. Alors que d'innombrables pièces insignifiantes ont été conservées, le Hasard qui se permet tout à fait disparaître ces précieuses épaves."[10]

The "Extraordinary Piratical Plot," as Whistler called it in The Gentle Art, did not end in Antwerp. Sheridan Ford took the book to Paris, where it was issued by Delabrosse et Cie, 1890, though it is said by Mr. Don C. Seitz to have been printed in Ghent; in Antwerp, Mr. Ford recently told an interviewer—this edition we have seen; while other copies, with the imprint of Frederick Stokes and Brother, were sent to the United States. Sir George Lewis suppressed the Paris edition and prevented the importation of the book into England, and Messrs. Stokes cabled to London that their name was used without their permission. The balance of the edition is stated to have been destroyed by fire. Copies through the post reached England, sent to newspapers for review and to individuals supposed to be interested, among whom we were included. In June 1890 a so-called "second edition" from Paris was received by some papers. Mr. Seitz says that hardly any copies are in existence. Sheridan Ford says that nine thousand were sold. But that was the last heard of it, and Sheridan Ford's book was killed.