Eh! mon Dieu, oui, mesdames, duc sans duché, général sans armée, et empereur sans sujets, voilà ma position!
LE PRINCE
Les états de Courlande ne vous ont-ils donc pas choisi pour maître?
MAURICE
Certainement! nommé par la diète, proclamé par le peuple, j’ai en poche mon diplôme de souverain. Mais la Russie me défendait d’accepter, sous peine du canon moscovite, et mon père, le roi de Pologne, qui craint la guerre avec ses voisins, m’ordonnait de refuser, sous peine de sa colère.
LA PRINCESSE
Eh bien! qu’avez-vous fait?
MAURICE
J’ai répondu à l’impératrice par un appel aux armes de toute la noblesse courlandaise, et j’ai écrit à mon père qu’avant d’être élu souverain, j’étais officier du roi de France; que dans les armées de Sa Majesté très-chrétienne je n’avais pas appris à reculer, et que j’irais en avant.
ATHÉNAÏS