Ne craignez rien!... Mais vous... ce que vous vouliez me dire... tout à l’heure... de vos idées de mariage?

MICHONNET, vivement

Non, c’est inutile, ce n’est plus le moment... Je te laisse étudier. (A part.) Allons, j’ai beau faire, je ne peux pas sortir de mon emploi de confident... Et l’héritage de mon oncle, et mes projets... (Essuyant une larme.) Ne pensons plus à rien... à rien au monde!... (Il fait quelques pas pour sortir par la porte à gauche et revient près d’Adrienne qui vient de traverser le théâtre et repasse à droite.) Bois une gorgée d’eau en entrant en scène, et surtout n’oublie pas... tu sais... ton... enfin comme tu as dit!...

(Il sort.)

SCÈNE V

Maurice, entrant par la porte à droite et s’avançant au milieu du théâtre; Adrienne, à droite, debout, étudiant et lui tournant le dos

ADRIENNE, à droite, étudiant

Mes brigues, mes complots... ma trahison fatale...
N’aurais-je tout tenté que pour une rivale!...
Que pour une rivale!...

MAURICE, se tournant du côté des bustes et des portraits qu’il regarde

C’est beau, le foyer de la Comédie-Française... beau de gloire et de souvenirs... Rien qu’en traversant ces longs corridors, où semblent errer tant d’ombres illustres... on sent là comme un certain respect, surtout quand on y vient, comme moi, pour la première fois... Aussi, je l’espère, personne ne m’y connaît... pas même Adrienne... le mystère est le dernier égard que je doive à madame de Bouillon.