DE GRIGNON. Et j'ouvrais la bouche pour m'écrier: Je ne suis pas monsieur de Flavigneul. Mais vous êtes entrée, et soudain, à votre vue, j'ai eu honte de mes terreurs, j'ai senti que je pouvais faire de grandes choses, pourvu que vous fussiez là! Ainsi, rassurez-vous, je ne trahirai pas monsieur de Flavigneul; tout ce que je vous demande, c'est de ne pas m'abandonner ... soyez là quand le préfet reviendra ... soyez là quand on me signifiera ma sentence, soyez là quand.... Je suis capable de tout ... même de recevoir pour un autre dix balles au travers du corps, pourvu qu'en les recevant je vous entende dire ... je suis là!

LA COMTESSE, lui prenant la main. Brave garçon, car vous êtes brave, je vous connais mieux que vous-même; c'est votre imagination qui s'effraie ... ce n'est pas votre coeur.

DE GRIGNON. Bien, bien, parlez-moi ainsi!...

LA COMTESSE. Il ne vous manque qu'un bon danger qui vous saisisse à l'improviste.

DE GRIGNON. Eh bien! il me semble que j'ai ce qu'il me faut.[[187]]

SCÈNE XII

LES PRÉCÉDENTS, MONTRICHARD.

MONTRICHARD. Je ne puis attendre plus longtemps ... madame!... monsieur le président de la cour prévôtale....

LA COMTESSE. Vient d'arriver....