LA COMTESSE, prenant un papier des mains de Montrichard. Tenez!... lisez!... Ordonnance d'amnistie ...
MONTRICHARD. Maudite femme! On ne peut pas plus la tromper en bien qu'en mal.
LÉONIE, à la comtesse. Et maintenant, tous trois réunis!
LA COMTESSE. Oui, ma fille!... mais plus tard ... car aujourd'hui je dois partir!
LÉONIE. Partir!
DE GRIGNON. Vous partez? eh bien! je pars aussi! Oh! vous avez beau[[201]] dire: je pars! je vous suis! Rien ne m'arrête! je vous suis jusqu'au bout du monde! et, chemin faisant,[[202]] j'accomplirai devant vous de si belles choses, que vous finirez par vous dire: Voilà un pauvre garçon dont j'ai fait un héros ... faisons-en un homme heureux!
LA COMTESSE. Ne parlons pas de cela[[203]]!... (Passant près de Montrichard.) Eh bien! baron?
MONTRICHARD. J'ai perdu ... madame la comtesse. Je suis vaincu.
LA COMTESSE, avec émotion. Vous n'êtes pas le seul! (Affectant la gaieté.) Que voulez-vous, baron? pour gagner, il ne suffit pas de bien jouer!
MONTRICHARD. Il faut avoir pour soi les as et les rois.[[204]]