ACTE DEUXIÈME

(Même décor.)

SCÈNE I

DE GRIGNON, sortant de l'appartement à droite, puis MONTRICHARD, entrant par le fond.

DE GRIGNON. C'est étonnant!... depuis l'aveu qu'elle m'a fait ... elle ne me regarde plus!... Et pourtant ... quand je me rappelle son trouble de ce matin, sa physionomie ... tout me dit que je suis aimé ... tout ... excepté elle!... Ah! c'est qu'une lettre passionnée ... des paroles brûlantes ne suffisent pas pour la connaissance de mon amour ... il faudrait des preuves réelles ... des actions.... (Remontant le théâtre et voyant monsieur de Montrichard qui entre précédé d'un maréchal des logis de dragons,[[81]] auquel il parle bas.) Quel est cet étranger?

MONTRICHARD, au dragon. Que mes ordres soient exécutés de point en point! Rien de plus, rien de moins! vous entendez?

LE DRAGON, saluant et se retirant. Oui, monsieur, le préfet.[[82]]

MONTRICHARD, s'avançant et saluant de Grignon. Madame la comtesse d'Autreval, monsieur.

DE GRIGNON. Elle est au salon, environnée de tous ses amis, dont elle reçoit les bouquets.... C'est sa fête ... mais dès qu'elle saura que monsieur le préfet du département....

MONTRICHARD. Vous me connaissez, monsieur?