MONTRICHARD. Oui, monsieur. Mais partez, partez!...
DE GRIGNON, immobile et restant sur place. Oui ... monsieur ... le temps de faire seller un cheval ... par mon domestique ... qui en même temps pourrait bien y aller lui-même ... car enfin ... cela le regarde ... dès qu'il s'agit de porter une lettre ... il s'en acquittera mieux que moi ... il ira plus vite....
UN BRIGADIER[[89]] DE GENDARMERIE, entre dans ce moment, et s'adressant à monsieur de Montrichard. Monsieur le préfet, un exprès arrive, annonçant que le feu est éteint!
MONTRICHARD. Tant mieux!
DE GRIGNON, vivement. Éteint!... Quelle fatalité!... au moment où j'y allais! (A Montrichard.) Car j'y allais, vous l'avez vu, je partais....
LE BRIGADIER, bas à Montrichard. Le sous-lieutenant a placé à l'extérieur tous nos hommes, comme vous l'aviez indiqué ... mais il a de nouveaux renseignements dont il voudrait faire part à monsieur le préfet.
MONTRICHARD, à part. Très bien.... Je tiens à[[90]] les connaître et à les vérifier avant de voir la comtesse.... (Haut, à de Grignon.) Veuillez, monsieur, ne pas parler de mon arrivée à madame d'Autreval, car un devoir imprévu m'oblige à vous quitter; mais je reviens à l'instant.... (Il sort.)
DE GRIGNON, se promenant avec agitation. Malédiction!... Il n'y eut jamais une occasion pareille!... un incendie que j'aurais trouvé éteint! de l'héroïsme et pas de danger! Ah! si jamais j'en rencontre un autre!... Voici la comtesse!... Toujours rêveuse, comme ce matin.... Mais est-ce à moi qu'elle pense?... (S'approchant d'elle.) Madame....
SCÈNE II
DE GRIGNON, LA COMTESSE, sortant de l'appartement à droite.