HENRI. On ne pouvait s'empêcher de sourire en entendant cette voix enfantine après la vôtre ... et cependant, ce contraste même lui prêtait quelque chose de naïf ... de frais.
LA COMTESSE. Prenez garde!... voici la première étoile qui pâlit à son tour....
HENRI, avec chaleur. Non!... non!... car les voici toutes deux réunies! car l'ensemble du duo commence, car cette voix émouvante et passionnée se mêle à son chant timide et pur.... Oh! alors ... alors ... il sortit de ce mélange je ne sais quelle impression qui tenait de[[99]] l'enchantement. Ce n'étaient plus seulement vos deux voix qui se confondaient, c'étaient vos deux personnes ... vous ne formiez plus qu'un seul être!... charmant ... complet ... représentant à la fois la jeune fille et la femme, tout semblable enfin à un rameau de cet arbre fortuné[[100]] qui croît sous le ciel de Naples, et porte sur une même branche et des fleurs et des fruits!
LA COMTESSE, à part. J'espère!
HENRI, poussant un cri. Ah! mon dieu!
LA COMTESSE. Qu'avez-vous?
HENRI. Une contredanse que j'ai promise.
LA COMTESSE. A qui?
HENRI. A Catherine, votre fermière, vis-à-vis mademoiselle Léonie, votre nièce, contredanse que j'oubliais près de vous.
LA COMTESSE, avec joie. Est-il possible!