MONTRICHARD, avec embarras. Madame!...

LA COMTESSE. Eh! mon dieu!... qui n'a pas été fonctionnaire sous l'empire! Vous rappelez-vous ces compagnons du général Moreau[[131]] qui allèrent rejoindre une frégate anglaise?...

MONTRICHARD. Sous prétexte d'un déjeuner, d'une promenade en rade....

LA COMTESSE. Où je vous avais invité.... Ne vous fâchez pas.... Vous voyez, comme je vous le disais, que nous avons déjà combattu l'un contre l'autre sur terre et sur mer ...aujourd'hui, nous voici de nouveau en présence, vous, cherchant toujours, moi, cachant encore, du moins à ce que vous croyez.... Rien de changé à la situation, sinon que vous êtes aujourd'hui préfet de la royauté. Mais ce n'est là qu'un détail. Eh bien! baron, suivez mon raisonnement ...ou monsieur de Flavigneul est ici, ou il n'y est pas!

MONTRICHARD. Il y est, madame!

LA COMTESSE. A moins qu'il n'y soit pas.

MONTRICHARD. Il y est!

LA COMTESSE. Décidément?... Eh bien! vous savez comme je cache, cherchez!... (Elle se lève.)

MONTRICHARD. (Il se lève.) Vous verrez comme je cherche ...cachez!... Ah! madame la comtesse, vous me prenez pour le novice de 98, ou pour l'écolier de 1804,[[132]] mais j'étais jeune alors, je ne le suis plus!

LA COMTESSE. Hélas!... je le suis moins!