Le théâtre réprésente un salon d'été[[1]] élégant.—Deux portes latérales sur le premier plan.[[2]]—Cheminée au plan de gauche.—Une porte au fond.—Guéridon à gauche.—Petite table et canapé à droite.
SCÈNE I
Au lever du rideau, CHARLES, en livrée élégante et tenant à la main des lettres et des journaux, est debout devant un chevalet placé à gauche du public. LÉONIE, entre par la porte du fond.
CHARLES, regardant le tableau posé sur le chevalet. C'est charmant!... charmant!... une finesse! une grâce!...
LÉONIE, qui vient d'entrer, apercevant Charles. Qu'est-ce que j'entends?... (Après un instant de silence et d'un ton sévère.) Charles!... Charles!
CHARLES, se retournant brusquement et s'inclinant. Mademoiselle!
LÉONIE. Que faites-vous là?
CHARLES. Pardonnez-moi, mademoiselle, je regardais le portrait de madame[[3]] votre tante, notre maîtresse ... car je l'ai reconnu tout de suite ... tant il est ressemblant!
LÉONIE. Qui vous demande votre avis? Les lettres? les journaux?
CHARLES. Je suis allé ce matin à Lyon à la place du cocher, qui n'en avait pas le temps, et j'ai rapporté des lettres pour tout le monde. Pour mademoiselle, d'abord!