“3o Il N’est pas moins de l’honeur et de l’interest de l’angleterre de profiter du moyen que la france veut bien luy presenter, pour sassurer a perpetuite toute Cette Coste, et pour la posseder justemt. par la Cession que la france en fera, et de tous ses droits sur ces payis moyennant L’Equivalent proposé.

“4o Parceque L’Angleterre doit Craindre que la france, dont elle ne Doit mepriser ni le Ressentiment ni la puissance, ne trouve une Conjoncture favorable pour faire valoir ses pretensions et ses droits, et pour Rentrer en possession de tout ce que L’Angleterre Luy a usurpée, et de tout ce qu’elle l’a obligé par force de luy Ceder.

“5o Quand on veut trop avoir, souvent on n’a Rien, et

meme on perd ce que L’on Avoit. Il est donc de la sagesse Et de l’interest de l’Angleterre de ne pas pousser trop loin ses demandes, et de Convenir avec La france de sorte qu’elle puisse posseder Avec justice et tranquillement des payis que la france Aura toujours droit de reprendre jusqu’a ce qu’elle en ait fait une Cession libre et volontaire, et qu’il paroisse que L’Angleterre En faveur de Cette Cession luy ait donné un Equivalent.

“La france s’offre donc pour vivre en paix avec l’Angleterre de luy Ceder tous ses droits sur toute la Coste qui est entre la riviere de quinibequi dans la Nouvelle france jusqu’a la Riviere Jourdain, dans la Caroline, de sorte que ces deux rivieres servent de limites aux francois et aux Anglois.

“La france Demande pour Equivalent de la Cession de tant de payis, si grands, si beaux, et si a sa biensceance que l’Angleterre luy rende Et restituë tout ce qu’elle luy à cedé par le traité Dutrecht.

“Si La france ne peut pas engager L’Angleterre à convenir de Cet Equivalent, Elle pouroit (mais Ce ne doit être qu’a L’extremité) Ceder Encore à l’Angleterre la Caroline francoise, C’est a dire, ce qui est au sud de la Riviere Jourdain, Ou bien Ce qui est Entre la Riviere quinibequi, et Celle de Pentagoet. Ou bien leur offrir une somme D’argent.

“Il Semble que L’Angleterre doive estimer Comme un grand Avantage pour Elle, que La france veuille bien Convenir de Cet Equivalent, qui Assure Aux Anglois et leur rend legitime La possession de Cette grande etenduë de Costes qu’ils ont usurpez sur La france, qui ne les a jamais Cedez, qui ne les Cedera jamais, et sur lesqu’elles elle Conservera toujours ses legitimes droit et pretensions, jusqu’a ce qu’elle les ait Cédeés a L’angleterre moyennant un Equivalent raisonnable tel qu’est la Restitution de tout ce que La France luy a Cedé par force a Utrecht.

Limites.

“Suposeé L’acceptation de Cet Equivalent par L’une et l’autre Nation.