“L’Oriflamme estoit l’enseigne particuliere de l’Abbe et du Monastere de S. Denys, qu’ils faisoient porter dans leurs guerres par leur Auoüe Car c’estoit-là la principale fonction des Auoüez, qui en qualite de defenseurs et de protecteurs des Monasteres et des Eglises, entreprenoient la conduit de leurs vassaux pour la defense de leurs droits, et portoient leurs enseignes à la guerre: d’où vient qu’ils sont ordinairement appellez, les porte-enseignes des Eglise, signiferi Ecclesiarum, comme j’espere justifier ailleurs Les Comtes du Vexin et de Pontoise auoient ce titre dans le Monastere de S. Denys, dont ils estoient les Auoüez, et les protecteurs, et en cette qualite ils portoient l’Oriflamme dans les guerres qui s’entreprenoient pour la defense de ses biens.


“Il faut donc tenir pour constant que Louys le Gros fut le premier de nos Rois, qui en qualite de Comte du Vexin tira l’Oriflamme de dessus l’autel de l’Eglise de S. Denys, et la fit porter dans ses armees, comme la principale enseigne du Protecteur de son Royaume, et dont il inuoquoit le secours dans son cry d’armes.


“Il est arriue dans la suite que nos Rois, qui estoient entrez dans les droits de ces Comtes, s’en sont seruis, pour leurs guerres particulieres, comme estant la banniere qui portoit le nom du Protecteur de leur Royaume, ainsi que j’ay remarque, la tirans, de dessus l’autel de l’Eglise S. Denys, auec les memes ceremonies, et les memes prieres, que l’on auoit accoûteme d’observer, lorsqu’on la mettoit entre les mains des Comtes du Vexin pour les guerres particulieres de ce Monastere. Ces ceremonies sont ainsi decrites par Raoul de Presle, au Traite dont je viens de parler en cestermes: Premierement la procession vous vient à l’encontre jusques à l’issuë du Cloistre, et apres la procession, atteints les benoists corps Saints de Monsieur S. Denys, et ses Compagnons, et mis sur l’autel en grande reuerence, et aussi le corps de Monsieur S. Louys, et puis est mise cette banniere ploise sur les corporaux, où est consacre le corps de N. S. Jesus Christ, lequel vous receuez dignement apres la celebration de la Messe: si fait celuy lequel vous auez esleu à bailler, comme au plus prud homme et vaillant Cheualier; et ce fait, le baisez en la bouche, et luy baillez, et la tient en ses mains par grande reuerence, afin que les Barons assistans le puissent baiser comme reliques et choses dignes, et en luy baillant pour le porter, luy faites faire serment solemnel de le porter et garder en grande reuerence, et à l’honneur de vous et de vostre Royaume.


NOTE XI.—CHAP. XIII.

Villehardouin is undoubtedly the best authority for all the particulars of the siege of Constantinople. Nicetas was extravagantly prejudiced; and though the emperor Baldwin, in his letters to the Pope, was as frank as any man in his situation could be, it was but natural that he should endeavour to show the causes of the warfare in the most favourable point of view—that he should represent the conduct of himself and his companions with every advantage—in fact that he should see the events which raised him to the throne through a peculiar medium, and represent them tinged with the same colours that they presented to his own eyes.