Along with the metrical improvements in André Chénier's poetry we have great progress in colouring. Until now poets had preferred the idealistic, sentimental, transcendental expression to the realistically descriptive word. They had written of "The heavens in their wrath;" André wrote, "A black and cloudy sky;" they wrote of "delicate fingers;" André Chénier preferred to say "long, white fingers." And this realistic exactness in certain kinds of description does not exclude another novelty, a sort of chiaroscuro of words and expressions which by their mysterious or enigmatic or fantastic quality suddenly open out wide, unexpected vistas.
When we regard this beautiful poetry more from the human than the artistic standpoint, what we miss in it is the expression of personal grief. In spite of its fire and its Frenchness it is too measured, too Attic. The ugly is too systematically excluded; and among ugly and unclean things, the poet has, in genuine Greek fashion, reckoned his own melancholy, his private sufferings and calamities. It is only from some prose memoranda and a few letters that we learn, for instance, how much he suffered from his dependent position in London. He does not give this suffering expression in his poetry. Occasionally at an earlier period he alluded in a roundabout fashion to the irksome restraints imposed on him by his poverty—in such a poem, for instance, as La Liberté, an idyll in the style of Theocritus, in which the shepherd breaks his flute and shuns the dance and song of the young maidens, rejecting all consolation because he is a slave.[2]
As a fine specimen of André Chénier's writing take Le Malade, a poem which, like most of his, is made out of almost nothing, yet which produces an unextinguishable impression. In its composition it reminds one of the third scene in the first act of Racine's Phèdre, which seems to have been its far-away model. The mother prays:
"Apollon, Dieu sauveur, dieux des savants mystères,
Dieu de la vie, et dieu des plantes solitaires,
Dieu vainqueur de Python, dieu jeune et triomphant,
Prends pitié de mon fils, de mon unique enfant!
Prends pitié de sa mère aux larmes condamnée,
Qui ne vit que pour lui, qui meurt abandonnée,
Qui n'a pas dû rester pour voir mourir son fils;
Dieu jeune, viens aider sa jeunesse. Assoupis,
Assoupis dans son sein cette fièvre brûlante
Qui dévore la fleur de sa vie innocente.
Apollon, si jamais, échappé du tombeau,
Il retourne au Ménale avoir soin du troupeau,
Ces mains, ces vieilles mains orneront ta statue
De ma coupe d'onyx à tes pieds suspendue;
Et, chaque été nouveau, d'un jeune taureau blanc
La hache à ton autel fera couler le sang.
Et bien, mon fils, es-tu toujours impitoyable?
Ton funeste silence est-il inexorable?
Enfant, tu veux mourir? Tu veux, dans ses vieux ans,
Laisser ta mère seule avec ses cheveux blancs?
Tu veux que ce soit moi qui ferme ta paupière?
Que j'unisse ta cendre à celle de ton père?
C'est toi qui me devais ces soins religieux,
Et ma tombe attendait tes pleurs et tes adieux.
Parle, parle, mon fils, quel chagrin te consume?
Les maux qu'on dissimule en ont plus d'amertume.
Ne lèveras-tu point ces yeux appesantis?
—-Ma mère, adieu; je meurs, et tu n'as plus de fils.
Non, tu n'as plus de fils, ma mère bien-aimée.
Je te perds. Une plaie ardente, envenimée,
Me ronge; avec effort je respire, et je crois
Chaque fois respirer pour la dernière fois.
Je ne parlerai pas. Adieu; ce lit me blesse;
Ce tapis qui me couvre accable ma faiblesse,
Tout me pèse et me lasse. Aide-moi, je me meurs,
Tourne-moi sur le flanc. Ah! j'expire! ô douleurs!"
In vain she gives him a healing draught brewed with magic arts by a Thessalian woman. But he speaks again:
"——O coteaux d'Érymanthe! ô vallons! ô bocage!
O vent sonore et frais qui troublais le feuillage,
Et faisais frémir l'onde, et sur leur jeune sein
Agitais les replis de leur robe de lin!
De légères beautés troupe agile et dansante....
Tu sais, tu sais, ma mère? aux bords de l'Érymanthe....
Là, ni loups ravisseurs, ni serpents, ni poisons....
O visage divin! ô fêtes! ô chansons!
Des pas entrelacés, des fleurs, une onde pure,
Aucun lieu n'est si beau dans toute la nature.
Dieux! ces bras et ces flancs, ces cheveux, ces pieds nus,
Si blancs, si délicats.... Je ne te verrai plus!"
When the mother learns that it is of hopeless love her son is dying, she says:
"Mais mon fils, mais dis-moi, quelle belle dansante,
Quelle vierge as-tu vu au bord de l'Érymanthe?
N'est-tu pas riche et beau? du moins quand la douleur
N'avait point de ta joue éteint la jeune fleur?
Parie. Est-ce cette Églé, fille du roi des ondes,
Ou cette jeune Irène aux longues tresses blondes?
Ou ne sera-ce point cette fière beauté
Dont j'entends le beau nom chaque jour répété,
Dont j'apprends que partout les belles sont jalouses?
Qu'aux temples, aux festins, les mères, les épouses,
Ne sauraient voir, dit-on, sans peine et sans effroi?
Cette belle Daphné?...—Dieux! ma mère, tais-toi,
Tais-toi. Dieux! Qu'as-tu dit? Elle est fière, inflexible;
Comme les immortels elle est belle et terrible!
Mille amants l'ont aimée; ils l'ont aimée en vain.
Comme eux j'aurais trouvé quelque refus hautain.
Non, garde que jamais elle soit informée ...
Mais, ô mort! ô tourment! ô mère bien-aimée!
Tu vois dans quels ennuis dépérissent mes jours.
Ma mère bien-aimée, ah! viens à mon secours:
Je meurs; va la trouver: que tes traits, que ton âge,
De sa mère à ses yeux offrent la sainte image.
Tiens, prends cette corbeille et nos fruits les plus beaux,
Prends notre Amour d'ivoire, honneur de ces hameaux;
Prends la coupe d'onyx à Corinthe ravie,
Prends mes jeunes chevreaux, prends mon cœur, prends ma vie,
Jette tout à ses pieds; apprends-lui qui je suis;
Dis-lui que je me meurs, que tu n'as plus de fils.
Tombe aux pieds du vieillard, gémis, implore, presse;
Adjure cieux et mers, dieu, temple, autel, déesse;
Pars, et si tu reviens sans les avoir fléchis
Adieu, ma mère, adieu, tu n'auras plus de fils.
—J'aurai toujours un fils; va, la belle espérance
Me dit ... Elle s'incline, et, dans un doux silence,
Elle couvre ce front, terni par les douleurs,
De baisers maternels entremêlés de pleurs.
Puis elle sort en hâte, inquiète et tremblante,
Sa démarche est de crainte et d'âge chancelante.
Elle arrive; et bientôt revenant sur ses pas,
Haletante, de loin: 'Mon cher fils, tu vivras,
Tu vivras.' Elle vient s'asseoir près de la couche:
Le vieillard la suivait, le sourire à la bouche.
La jeune belle aussi, rouge et le front baissé,
Vient, jette sur le lit un coup d'œil. L'insensé
Tremble; sous ses tapis il veut cacher la tête.
'Ami, depuis trois jours tu n'es d'aucune fête,
Dit-elle; que fais-tu? pourquoi veux-tu mourir?
Tu souffres. On me dit que je peux te guérir.
Vis, et formons ensemble une seule famille;
Que mon père ait un fils, et ta mère un fille.'"
One cannot imagine more simplicity, less attempt at effect, in the solution of such a situation.
It was a foundation of this kind which the new Romantic School found to build upon—noble simplicity of language, correct drawing, a Grecian rhythm in all the transitions, the beautiful lines of the bas-relief, pure colour, and austere form.